Le guide Michelin a annoncé à l’Agence France-Presse (AFP), mardi 10 mars, ses rétrogradations pour 2026, marquées par la perte d’un macaron pour Sébastien Bras, le chef étoilé qui n’en voulait plus, et le passage de trois à deux étoiles de L’Ambroisie, à Paris.
« Cette année, les évaluations à la baisse sont peu nombreuses, témoignant d’une forme de résilience au plus haut niveau, qui montre que les tables de qualité trouvent leur chemin de la pérennité économique, loin de la restauration en général », en difficulté depuis la pandémie de Covid-19, a commenté le directeur international du Michelin, Gwendal Poullennec.
Un seul restaurant passe, en effet, de trois à deux étoiles, la sanction la plus scrutée de ces rétrogradations : L’Ambroisie à Paris, place des Vosges, le plus ancien triple étoilé de la capitale. La maison a accueilli en 2025 un nouveau chef, Shintaro Awa, 40 ans, choisi pour succéder à Bernard Pacaud qui avait passé quatre décennies à la tête de cette institution, un phare de la gastronomie française la plus classique. Reprendre une maison étoilée et maintenir immédiatement ses étoiles relève plutôt de l’exception que de la règle.
Rétrogradations
Du côté des rétrogradations des deux-étoiles, le restaurant de Sébastien Bras, Le Suquet, à Laguiole, dans l’Aveyron, perd un macaron, ultime rebondissement d’un feuilleton de presque dix ans pour ce chef qui avait demandé, et obtenu, en 2018 de ne plus figurer dans le guide pour ne plus en subir la pression. Mais, le restaurant était réapparu à la surprise générale dans l’édition 2019 avec deux macarons, le directeur du guide, Gwendal Poullennec, rappelant la cruciale indépendance du livre rouge dont les étoiles « n’appartiennent pas aux chefs ».
Outre cet étoilé malgré lui, Le Chabichou, à Courchevel (Savoie), perd également sa deuxième étoile, tout comme le Relais de la Poste, à Magescq (Landes), une institution familiale et respectée, doublement étoilée depuis cinquante-cinq ans. « Je ne suis pas dans l’air du temps », a réagi le chef, Jean Coussau, 75 ans, auprès de l’AFP, défendant « une vraie cuisine à la française ». « Je ne suis pas bien, je vais devoir l’annoncer à quarante-cinq personnes dans ma cuisine. »
Pour le reste, plus de la moitié des déclassements sont des changements de concept, de chef ou des fermetures.
Au total, dix-sept restaurants perdent leur unique étoile en 2026 à travers la France, dont Helen, à Paris, et la Mère Germaine, à Châteauneuf-du-Pape (Vaucluse), et plus d’une vingtaine d’adresses étoilées ont fermé ou changé d’orientation, dont les emblématiques Dame de Pic et Yam’Tcha à Paris.
Le Michelin doit annoncer son palmarès 2026, lundi 16 mars, à Monaco.







