Qu’elle semble loin la coconstruction avec le gouvernement, prônée en 2022 par l’exécutif de la Guyane lors de la relance du projet d’évolution statuaire du territoire. Quatre ans plus tard, le fossé s’est élargi entre Paris et Cayenne : la collectivité, qui réclame un statut spécial garanti par une loi organique révisant la Constitution, se heurte au silence du gouvernement et du chef de l’Etat sur sa demande d’autonomie.
Le gouffre s’est un peu plus creusé à l’occasion du premier déplacement en Guyane de la ministre des outre-mer, Naïma Moutchou, mi-février. Quelques heures avant son arrivée, Gabriel Serville, le président de la collectivité territoriale de Guyane (CTG), a annoncé son refus de la rencontrer, dénonçant l’« absence de réponses claires, formelles et engageantes de l’Etat » sur plusieurs dossiers, et notamment celui de l’évolution institutionnelle, l’une des priorités de M. Serville depuis son élection, en juin 2021, à la tête d’une coalition ancrée à gauche.
La ministre a tenté de désamorcer la crise : « Sur le volet institutionnel, la porte est ouverte. Parlons-en, avançons. » Une main tendue non saisie par le président de la collectivité. De retour à Paris, Mme Moutchou, mandatée par Emmanuel Macron sur ces dossiers statutaires, a renvoyé la responsabilité du statu quo actuel au président de la CTG. « Le président Serville bloque aujourd’hui. Je suis prête à engager ce travail, mais il souhaite au préalable voir le président de la République. »
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