Alors que la proposition de loi relative à l’organisation, à la gestion et au financement du sport professionnel a été adoptée par le Sénat le 10 juin 2025, à l’unanimité moins une voix, son inscription ne figure toujours pas à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale. Ce texte transpartisan bénéficie pourtant d’un large soutien : l’ensemble des groupes politiques du Sénat, les différents ministres des sports, le Comité national olympique et sportif français, une grande majorité de fédérations sportives et de ligues professionnelles, de clubs, de diffuseurs audiovisuels… Tous s’accordent sur un diagnostic clair et sur la nécessité d’agir rapidement.
Depuis, la situation du football professionnel français continue à se dégrader. Le fonds d’investissement CVC Capital Partners a acté la diminution de la valeur de son investissement, tandis que l’UEFA confirme, dans son dernier rapport, le déséquilibre financier existant entre les clubs de Ligue 1. En effet, les clubs font face à une chute historique des droits audiovisuels et des recettes, aggravée par le piratage massif des retransmissions sportives. Près d’un Français sur cinq regarde du sport illégalement, et le football représente la moitié de ces usages. Et, chacun le sait, par rapport à nos voisins européens, les outils actuels pour lutter contre le piratage ne sont pas à la hauteur. Le modèle économique actuel est fragile, et chaque mois perdu accentue les tensions financières.
Second souffle
A cette crise économique s’ajoute une crise de gouvernance. Les tensions à répétition, les conflits d’intérêts, la dilution des responsabilités et l’opacité de certaines décisions ont entamé la confiance. La démission de Nicolas de Tavernost, à la tête de LFP Media depuis le mois d’avril 2025, et les relations dégradées au sein de la Ligue, mais aussi avec certains diffuseurs, en sont une illustration supplémentaire.
La proposition de loi adoptée par le Sénat est pourtant le seul moyen de lui accorder un second souffle. C’est une stratégie gagnante qui repose sur des mesures concrètes, équilibrées et attendues. Elle renforce le rôle des fédérations dans leur mission de service public, encadre la gouvernance des ligues et de leurs sociétés commerciales, lutte contre les conflits d’intérêts, plafonne certaines rémunérations, et dote enfin la puissance publique d’outils efficaces pour combattre le piratage en temps réel. Ce texte ne vise pas à remettre en cause l’autonomie des acteurs, il sécurise leurs relations. Les acteurs le réclament et les clubs y voient un levier de stabilité.
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