- L’arnaque au faux policier est en pleine recrudescence en France.
- Elle vise à se faire passer pour un gendarme et à dérober des biens au domicile de la victime.
- Les retraités sont particulièrement vulnérables.
Des vitres brisées et l’intérieur de la maison saccagé… C’est ce que découvre Jean, 80 ans, lorsqu’il rentre chez lui en avril dernier. L’octogénaire tombe sur deux gendarmes dans son domicile qui affirment qu’il a « été victime d’un cambriolage »
.
« Ils avaient la plaque gendarmerie nationale, moi je les ai crus sur parole. Sur le coup, tout le monde aurait fait comme moi »,
raconte la victime dans le reportage de TF1 en tête de cet article. Les deux hommes sont en réalité déguisés en gendarmes. Une fois mis en confiance, le vieil homme les laisse faire le tour de son domicile. Ils en profitent pour vider toutes les boîtes à bijoux et s’emparer d’une collection de pièces en argent avant de prendre la fuite.
Ça va tellement vite que tu n’as même pas le temps de réagir
Ça va tellement vite que tu n’as même pas le temps de réagir
Jean, 80 ans, victime de l’arnaque aux faux policiers
« Moi je ne peux plus dormir avec ça, ça revient tout le temps dans ma mémoire. Ça va tellement vite que tu n’as même pas le temps de réagir. Ce qui nous trompe, c’est la gendarmerie nationale »
, complète Jean. Il fait partie des nombreuses victimes de l’arnaque aux faux gendarmes ou faux policiers.
Où trouvent-ils les uniformes leur permettant de tromper leurs victimes ? Ces arnaqueurs se rendent sur des sites internet de déguisement qui proposent des accessoires comme des brassards de police factices pour seulement quelques euros. Notre équipe de TF1 a même trouvé des vêtements officiels sur l’une des premières applications de vente entre particuliers. Des pantalons de police, parfois des gilets utilisés par les forces de l’ordre s’y trouvent malgré l’interdiction formelle de la loi française concernant la vente d’uniformes officiels.
Équipés de leur fausse tenue, les escrocs font souvent appel à un complice pour arriver à leur fin. Qu’il s’agisse d’un faux plombier ou d’un agent du dégât des eaux factice, ces derniers se présentent au domicile de la victime en prétextant des vérifications nécessaires.
Quelques minutes plus tard, les faux policiers arrivent et alertent l’occupant des lieux. Une fois le plombier identifié comme un escroc, s’ensuit un simulacre d’interpellation ainsi qu’un tour du domicile pour vérifier, selon eux, que rien n’a été volé. Tandis qu’en réalité, les voleurs se trouvent sous le nez de la personne arnaquée.
Ateliers de prévention
Face à la hausse d’arnaques de ce type, la police nationale organise des ateliers de prévention auprès de la population ciblée par les malfaiteurs, les personnes âgées. « Qu’est-ce qui justifie que je sois un vrai policier ? »
, demande Dominique Charpentier, officier de prévention de la police nationale d’Indre-et-Loire. « Une carte ou un papier officiel »
, répond un vieil homme assistant à la formation.
Il y a en effet un nom et surtout un numéro unique propre à chaque agent de la police nationale, inscrit obligatoirement sur sa carte officielle, son uniforme et son brassard s’il est en civil. Après l’atelier, le message semble passer rapidement : « Je ne laisserai plus rentrer, j’appellerai ma fille qui habite pas loin »,
explique une retraitée au micro de TF1.
En cas de doute, le premier réflexe à avoir reste d’appeler le commissariat ou la gendarmerie et de s’assurer qu’un agent a bien été envoyé à votre domicile.

