- Face à la flambée des prix et à la pénurie de logements, étudiants et salariés partagent de plus en plus des espaces communs spécialement aménagés.
- Certaines de ces chambres en coliving sont proposées bien plus chères qu’un studio de la même superficie dans le même quartier.
- Une pratique rendue possible grâce à un vide juridique.
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Le 20H
Depuis deux ans, Célia, résidente d’un coliving à Bron (Rhône) loue un appartement de 500 m² à Bron (Rhône). Plus précisément, un studio construit à l’intérieur, ce qu’on appelle le coliving. Lit, bureau, frigo, plaques, micro-ondes… Son studio de 20 m² « est tout équipé »
, explique-t-elle dans le reportage en tête de cet article. L’appartement compte au total 17 locataires qui ont accès à une laverie. Des vélos et des voitures électriques sont également mises à leur disposition.
Le prix du loyer ? 860 euros par mois, soit environ 200 euros de plus que les appartements en location dans le secteur. « Par rapport à tout ce qu’on a, c’est très rentable. Ici, le salon est plus grand que la maison de mes parents »
, constate Mathieu, un autre résident de cette colocation.
En France, il existe plus de 14.000 colocations de ce genre. Ce nombre ne cesse d’augmenter : +70% en deux ans. Mais tous les coliving ne se valent pas. Sur Internet, certains dénoncent même des abus. Notre équipe de TF1 a comparé les offres et s’est rapidement aperçue que la notion de coliving était floue. Dans l’une des offres consultées, un logement situé à Paris et conçu pour 14 personnes, les chambres de 16 m² sont proposées à 1.580 euros par mois alors que, dans ce quartier, un studio de la même superficie ne peut pas être loué plus de 612 euros en raison de l’encadrement des loyers.
Une mesure à laquelle les loueurs de ces colocations de luxe échappent… grâce aux services proposés en supplément. « Ils connaissent très bien la réglementation concernant l’encadrement des loyers. Ils savent que c’est un moyen de justifier un dépassement du loyer de base, c’est-à-dire d’appliquer un complément de loyer. Et que, de facto, la question des services supplémentaires liés à une offre locative est très peu régulée »
, explique Emmanuel Trouillard, géographe et chef de projets logement à l’Institut Paris Région, situé à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).
Un moyen de « justifier un dépassement du loyer de base »
Ce vide juridique est bien connu des plateformes de location, comme nous le précise l’une d’entre elles. « Il n’y a pas d’encadrement des loyers sur les résidences-services. Nous cherchons toujours à être le plus abordable possible pour avoir le meilleur taux d’occupation possible »
, indique-t-elle.
Dans les grandes villes, de plus en plus d’appartements sont transformés en coliving. L’un d’entre eux peut accueillir sept locataires. La société de coliving vante un « accueil personnalisé, un accès simplifié au logement, le ménage régulier des espaces, des services de maintenance 24h sur 24 et un service client très réactif ». Face à l’augmentation du nombre de coliving, certains élus souhaitent désormais encadrer la pratique afin d’éviter les dérapages.