Il n’en est plus question. Alors que l’Espagne a annoncé vouloir régulariser 500 000 personnes, en France, le sort des sans-papiers a été relégué aux confins du débat public. Ils seraient pourtant entre 450 000 et 800 000, selon des estimations. Le passage de Bruno Retailleau au ministère de l’intérieur, entre septembre 2024 et octobre 2025, a été l’occasion d’acter la mise au ban du sujet.
Le président du parti Les Républicains (LR) a fait de la lutte contre l’immigration son principal credo. Il a notamment abrogé la circulaire ministérielle de 2012, dite « circulaire Valls », qui régularisait chaque année quelque 30 000 personnes en raison de leur vie familiale ou de leur travail. La circulaire Retailleau de janvier 2025 encadre désormais le pouvoir discrétionnaire des préfets sur le sujet et elle a durci les conditions d’admission exceptionnelle au séjour, en particulier en exigeant sept ans de présence en France, contre trois à cinq ans précédemment.
Résultat, les régularisations ont baissé de 10 % en 2025. A La Cimade, Mélanie Louis parle d’une « politique de bannissement » des étrangers sans papiers, à laquelle elle rattache les effets de la circulaire Retailleau, mais aussi ceux de la « loi immigration » de 2024, portée par l’actuel garde des sceaux et ministre de l’intérieur de l’époque, Gérald Darmanin. « Cette loi a fait que la durée de validité d’une OQTF [obligation de quitter le territoire français] est passée d’un à trois ans et en fait un motif de refus de délivrance d’un titre de séjour », note-t-elle.
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