- En Australie, dans les zones identifiées comme sensibles au risque incendie, les terrains sont classés en fonction de leur niveau d’exposition aux feux de brousse.
- Un évaluateur indépendant est chargé d’évaluer les terrains.
- En fonction de ce classement, les propriétaires ont différentes obligations de construction qui peuvent aller… jusqu’aux climatiseurs. Explications.
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Après les incendies de l’été 2026 en France, se pose la question de la reconstruction. Dans la forêt des Landes de Gascogne, comment adapter les constructions au risque incendie ? Lors d’une conférence de presse mardi, le Premier ministre Sébastien Lecornu a estimé qu’il fallait être « rapide »
pour répondre à la détresse des sinistrés, mais qu’il y avait aussi une « urgence de réfléchir »
pour ne pas reproduire certaines erreurs.
À l’heure de cette réflexion, des exemples étrangers sont souvent cités, dont celui de l’Australie, pays régulièrement en proie à de violents incendies. Les mois d’été, de décembre à février, de plus en plus secs, réunissent toutes les conditions pour voir naître des feux de brousse. Les fortes températures couplées à des vents chauds font craindre chaque année le retour de « l’été noir »
, tel qu’a été surnommé l’été de la fin 2019 et du début 2020, quand plus de 18 millions d’hectares étaient partis en fumée.
Face à ce risque, l’Australie a adopté une stratégie préventive, avec pour objectif de préserver les vies et le bâti, en rendant les bâtiments plus résistants au feu.
Sols, gouttières, portes et fenêtres… tout est prévu
D’abord, des zones exposées au risque de feux de brousse ont été définies : les Bushfire Prone Areas
, ou BPA. Dans ces zones, les terrains sont classés en fonction de leur niveau d’exposition. Cette échelle du risque est appelée Bushfire attack level
(BAL) et comporte six niveaux, du « risque très faible »
à « l’exposition directe aux flammes »
.
Cette évaluation dépend du type de végétation environnante (forêt, prairie, brousse) et de sa capacité à générer un feu intense, de la distance entre le bâtiment et cette végétation, de la pente du terrain et de l’indice de danger de feu (en fonction de la région). Ces éléments permettent d’estimer trois types de menaces : le rayonnement thermique, les flammes directes et l’exposition aux braises volantes.
Cette échelle permet de déterminer les exigences de construction dans les zones à risque : type de matériaux, conception des ouvertures (fenêtres, portes), revêtements des sols, protection des toitures et des gouttières contre les braises, obligations de débroussaillage. Les garages, abris de voiture, terrasses et vérandas peuvent également être concernés. Les textes évoquent par exemple des matériaux incombustibles, des bois naturellement résistants au feu ou traités avec un produit ignifugé.
Une évaluation nécessaire avant de construire
Plus le risque est grand, plus le BAL est élevé et plus les exigences sont strictes. Par exemple, il peut être obligatoire d’installer des grilles métalliques sur sa porte d’entrée et ses fenêtres ou des volets anti-feu. Et même les climatiseurs installés dans les logements doivent être adaptés, car en évacuant l’air ils peuvent contribuer à propager les flammes à l’intérieur du bâtiment : il faut donc les équiper de protections spécifiques contre les braises.
Les documents sont très précis et toute personne souhaitant construire un bâtiment ou une maison peut faire appel à un évaluateur agréé (bushfire consultant
) qui va pouvoir déterminer le niveau de BAL et donc les obligations. Cette évaluation est un prérequis à l’obtention d’un permis de construire dans toutes les zones classées en risque « feux de brousse ».
Ce système ne date pas des mégafeux de 2018-2019 mais du « Black Saturday » : le samedi 7 février 2009, des incendies survenus pendant la canicule ont fait des dégâts considérables dans l’État du Victoria. Les différents foyers ont fait plus de 173 morts et détruit plus de 365.000 hectares. Ces destructions avaient révélé des failles dans les normes de construction à l’époque.
Les normes ne s’appliquent toutefois pas rétroactivement si une maison a été construite avant que la zone ne soit considérée à risque ; mais elles peuvent être obligatoires en cas de rénovation du logement.
« Il n’existe aucune garantie qu’un bâtiment résistera à chaque fois à un feu de brousse, en raison du comportement imprévisible du feu et des conditions météorologiques extrêmes »
, rappelle bien sûr le gouvernement d’Australie-Occidentale sur son site Internet. « Toutefois, la norme vise à améliorer la résistance des bâtiments en cas d’attaque par un feu de brousse
.«