- Vainqueur de « Danse avec les stars » et « Mask Singer », Billy Crawford poursuit son histoire d’amour avec la France.
- Le chanteur philippin prête sa voix à la version française du film d’animation « L’île des souvenirs », en salles ce mercredi 21 octobre.
- « C’était avec l’accent philippin, je parlais français. C’était le bordel ! », s’amuse celui qui maîtrise désormais la langue de Molière (presque) sur le bout des doigts.
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La France l’a adopté il y a vingt-cinq ans. Billy Crawford a décidé de ne plus la quitter. Après avoir séduit les téléspectateurs de TF1 en remportant les émissions « Danse avec les stars » et « Mask Singer », le chanteur philippin part désormais à la conquête des salles de cinéma dans une fonction inédite.
Les studios Universal lui ont confié le doublage de Bungi, un bébé démon issu du folklore des Philippines, dans le film d’animation L’île des souvenirs
. Le détail en plus ? Ce n’est pas pour la version originale mais bien pour la version française que l’artiste de 44 ans a été contacté. Il nous emmène en coulisses de cette « expérience de malade »
pas tous les jours faciles, dans un français proche de la perfection.
Ils ont eu une patience de malade parce que je n’arrivais pas à dire quelques mots à l’époque. Ce n’était pas dans mon vocabulaire
Ils ont eu une patience de malade parce que je n’arrivais pas à dire quelques mots à l’époque. Ce n’était pas dans mon vocabulaire
Billy Crawford
On sait que vous savez à peu près tout faire : de la danse, de l’animation télé, de la comédie… Mais le doublage, c’est une première. Que retenez-vous de cette expérience ?
C’était compliqué, déjà parce que je faisais ce doublage en français. Ce n’est pas ma première langue. Mais je me suis amusé parce que c’est une expérience de malade ! J’ai vu mon personnage grandir devant moi. C’était difficile aussi parce que j’avais besoin de sortir de vraies émotions, même si c’est un film d’animation.
Vous faisiez les mêmes gestes au moment d’enregistrer ?
Oui ! J’ai d’abord copié le comédien américain qui double Bungi dans la version originale (Manny Jacinto de la série The Good Place
, ndlr). Ce personnage a beaucoup d’énergie. Moi, je me produis sur scène. J’ai chanté et j’ai dansé toute ma vie. J’anime des émissions aussi. Là, j’ai eu besoin de trouver quelque chose de différent mais de spécial. Heureusement que l’équipe de doublage avec qui j’ai travaillé était incroyable. Ils ont eu une patience de malade parce que je n’arrivais pas à dire quelques mots à l’époque. Ce n’était pas dans mon vocabulaire.
Vous avez appris des mots que vous ne connaissiez pas ?
Oui ! Par exemple, « pinkeye »
en anglais. C’est conjonctivite en français. J’ai pris peut-être trente minutes juste pour attraper ce mot ! Tous les gens à côté disaient : « Non, c’est pas ça ! C’est conjonctivite ! »
Et moi je répondais : « Ok d’accord ! J’ai essayé mais ça sort pas ! »
C’était avec l’accent philippin, je parlais français. C’était le bordel ! (rires)
Mais maintenant, je sais ce qu’est une conjonctivite ! (rires)
Ça vous a surpris qu’on vous propose ce rôle ? Parce qu’il est quand même très éloigné de vous sur le papier…
Oui, il est énorme ! (rires)
Je ne connaissais pas du tout le personnage. On m’a expliqué qui il était et j’ai fini par dire : « Pourquoi pas ? »
Je me suis dit que j’allais essayer parce qu’il y avait des similarités dans l’humour. Il est très drôle ! C’est comme un gros bébé, en fait. C’est comme si je parlais à mon fils. C’était marrant ! Il est aussi amoureux de sa mère, comme moi ! J’adore ma mère ! J’ai fait toute ma vie pour elle, c’est un beau lien qui m’unit à Bungi.
Ce n’est pas un hasard si on a fait appel à vous car L’île des souvenirs
est aussi un bel hommage à la culture philippine…
C’est le folklore dont j’entends parler depuis que je suis tout petit. Aux Philippines, on appelle les femmes plus âgées Manang et les hommes plus âgés Manong. Mais le Manananggal du film évoque un démon au corps coupé en deux qui vole les bons souvenirs. Mon personnage, le Tiyanak, est un bébé démon qui fait aussi partie d’un folklore très ancien. Aux Philippines, c’est le héros de beaucoup de films mais des films d’horreur ! Toutes les histoires qui font peur aux petits aux Philippines sont dans L’île des souvenirs
en fait.
C’est inédit de voir la culture philippine autant mise en avant dans un film d’animation…
C’est très original, c’est le premier film d’animation à faire ça. C’est aussi la première fois qu’on met en avant la qualité des dessinateurs philippins. Beaucoup ont travaillé sur ce film ! J’ai grandi avec Madame Lea Salonga, qui double Manananggal en anglais. Je suis très curieux de voir comment la culture philippine va être adoptée dans le monde.
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L’île des souvenirs, avec les voix de Billy Crawford, Manon Bresch, Anaïde Rozam et Xavier Lacaille – actuellement au cinéma