- De Strasbourg à Saint-Denis de la Réunion, plusieurs candidats aux municipales sont d’anciens édiles, qui comptent bien retrouver l’Hôtel de ville.
- Si certains ont perdu leur écharpe lors du dernier scrutin, d’autres ont dû quitter leurs fonctions il y a bien plus longtemps.
- Dans plusieurs villes, certains d’entre eux représentent même des concurrents de taille pour l’équipe sortante.
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Élections Municipales 2026
Ils espèrent bien retrouver leur écharpe tricolore. À l’approche des municipales, les 15 et 22 mars prochains (nouvelle fenêtre), plusieurs anciens maires ont annoncé repartir dans la course à la mairie, avec l’espoir de récupérer le siège perdu, que ce soit lors du dernier scrutin, ou même il y a plusieurs décennies en arrière.
Certains espèrent prendre leur revanche sur les élections de 2020, qui leur avaient ravi leur siège. C’est le cas à Montpellier, dans l’Hérault, où l’ex-maire Philippe Saurel se présente (nouvelle fenêtre). En 2014, ce chirurgien-dentiste avait été élu en tant que dissident socialiste, avant de se rapprocher ensuite d’Emmanuel Macron. Cette fois, face à au maire sortant PS Michaël Delafosse, il entend proposer « une liste hors des partis politiques, citoyenne avant tout, divers gauche, écologiste et soutenue par le mouvement centriste Utiles »
. Mais la partie est loin d’être gagnée, face à un rival qui part favori dans les sondages.
Les déçus de 2020 veulent récupérer leur écharpe
En région parisienne, un déçu des dernières municipales espère lui aussi tenir sa revanche : William Delannoy, élu maire UDI de Saint-Ouen en 2014, mettant fin à 70 ans de règne de la gauche… avant qu’elle ne reprenne la main six ans plus tard, avec la victoire du socialiste Karim Bouamrane (nouvelle fenêtre).
L’ex-édile lui reproche sa communication permanente sur les réseaux sociaux, plus « Tiktokeur »
que maire à ses yeux. Mais aussi de tirer injustement profit des succès de l’équipe municipale précédente : « moi, j’ai monté les murs, lui, il a fait des fresques dessus »
, a-t-il lâché auprès de franceinfo (nouvelle fenêtre). La concurrence sera toutefois rude, puisqu’une candidate insoumise, Manon Monmirel, entre elle aussi dans la course à l’Hôtel de Ville.
D’autres espèrent prendre leur revanche plusieurs décennies après avoir perdu leur écharpe. À Saint-Denis de la Réunion, René-Paul Victoria, 71 ans, repart en campagne. Cet ancien député, maire de la première ville de l’outre-mer de 2001 à 2008, a été investi par Les Républicains, après plusieurs tentatives ratées de revenir dans l’arène politique. « Une longue traversée du désert »
, a-t-il admis, cité par Le Monde
(nouvelle fenêtre). La maire sortante PS, Ericka Bareigts, part toutefois favorite, soutenue par une union de plusieurs partis de gauche, fait particulièrement rare (nouvelle fenêtre).
Ces maires des années 1990 qui espèrent revenir dans l’arène
À Strasbourg en revanche, la socialiste Catherine Trautmann, qui avait loupé loupé le coche en 2020, pourrait bien créer la surprise, étant bien placée dans les sondages (nouvelle fenêtre). Dans les années 1990, elle avait été élue maire de la capitale alsacienne à deux reprises, devenant la première femme à prendre les rênes d’une municipalité de plus de 100.000 habitants en France, avant de rallier Paris pour devenir ministre de la Culture sous Lionel Jospin.
À 75 ans, celle qui fut ensuite députée européenne a tenté de revenir en 2020, en vain : elle arrive troisième, tandis que l’écologiste Jeanne Barseghian s’empare de la mairie (nouvelle fenêtre). Sur les bancs de l’opposition, « j’ai eu le temps de me préparer »
, a-t-elle confié à l’AFP. Depuis le début de la campagne, elle s’en prend au bilan de son adversaire, notamment l’endettement de la ville, tandis que l’édile sortante, elle, l’accuse de tendre vers le centre et n’être « plus dans le camp de la gauche »
.
Du côté de Grenoble, un autre ancien édile (nouvelle fenêtre) compte lui aussi revenir sur le devant de la scène, des décennies après avoir porté l’écharpe, et après avoir également essuyé un revers en 2020. Maire de la ville de 1983 à 1994, Alain Carignon avait été condamné peu après à cinq ans de prison dont quatre ferme et cinq ans d’inéligibilité, pour « corruption »
et « abus de biens sociaux »
.
Une page définitivement tournée, à en croire un récent sondage Ipsos BVA pour Le Dauphiné libéré
(nouvelle fenêtre), qui donne ce candidat Les Républicains, aujourd’hui âgé de 76 ans, en deuxième position au premier tour. L’ex-ministre d’Édouard Balladur figure à moins de dix points derrière la candidate d’une coalition de gauche Laurence Ruffin (nouvelle fenêtre), soutenue par le maire écologiste sortant Éric Piolle (nouvelle fenêtre).
Sept campagnes… en près de quarante ans
Des scénarios similaires se dessinent aussi dans des plus petites communes, où certains candidats ont même fait plusieurs passages à la mairie. À Fenouillet, une commune de quelque 6.000 habitants près de Toulouse, Gilles Broquère repart en piste, 36 ans après sa première élection. Sous l’étiquette divers droite et LREM, il avait pris les rênes de la ville de 1989 à 2008, puis de 2014 à 2020, relatent la radio locale Ici (nouvelle fenêtre) et La Dépêche du Midi
(nouvelle fenêtre). À chaque fois, le siège lui a été ravi par un rival socialiste.
Avec une liste désormais sans étiquette, il affrontera l’édile sortant Thierry Duhamel, candidat à sa réélection. Pour cette septième campagne à son compteur, « je ne reviens pas par revanche »
, a-t-il assuré au quotidien régional. Il compte bien se réinstaller dans le grand bureau de l’Hôtel de Ville… qu’il avait lui-même fait dessiner.











