- Face à la hausse des prix, de plus en plus de Français délaissent la cantine ou le restaurant pour apporter leur repas au travail.
- Un phénomène qui s’accompagne d’une nouvelle façon de consommer, plus économique et plus responsable.
- Les explications de Maud Descamps dans « Bonjour ! La Matinale TF1 ».
La « lunchbox » n’est plus réservée aux écoliers. Après un premier retour pendant le Covid, quand cantines et restaurants étaient fermés, la gamelle s’installe durablement dans les bureaux français. Cette fois, c’est le pouvoir d’achat qui pousse les salariés à préparer leurs repas. Du côté de Clermont-Ferrand, les témoignages se multiplient : riz et quenelle, escalope-pommes dauphines, poulet-mozzarella… « J’ai pas spécialement envie de dépenser de l’argent tous les midis en mangeant au resto »
explique une des personnes rencontrées dans notre reportage. Les contenants débordent de plats faits maison, souvent cuisinés la veille en quantité suffisante pour le lendemain. L’argument économique prime, mais pas seulement. Beaucoup y voient aussi une façon de manger plus sainement, de savoir ce qu’ils consomment, et de valoriser le fait de cuisiner soi-même. Une pause déjeuner qui devient un moment de conscience alimentaire, loin des écrans et du stress.
Restaurateurs et supermarchés s’adaptent
Face à cette tendance, la restauration collective réagit. Dans les entreprises, des frigos anti-gaspillage proposent désormais des promotions à moins 50%. Certains restaurateurs, comme dans le Puy-de-Dôme, misent sur le « plat de la veille » à 5 euros, une solution qui limite le gaspillage tout en gardant une clientèle. Même les boulangers s’y mettent, en vendant les viennoiseries de la veille à prix réduit, qui peuvent être réutilisées pour faire un repas. Une aubaine quand on sait que chaque Français jette en moyenne 7 kilos de nourriture consommable et encore emballée par an. La gamelle, loin d’être un repli, devient un geste à la fois malin et militant.