Il était le héros de Dawson, série phare de la fin des années 1990 et du début des années 2000. L’acteur américain James Van Der Beek est mort, mercredi 11 février, à l’âge de 48 ans, a-t-il été annoncé sur son compte Instagram.
« Notre bien-aimé James David Van Der Beek s’est éteint paisiblement ce matin. Il a affronté ses derniers jours avec courage, foi et dignité. Il y aura beaucoup à partager sur ses souhaits, son amour pour l’humanité et le caractère sacré du temps. Ces moments viendront », dit un communiqué de la famille publié sur le réseau social. « Pour l’instant, nous demandons le respect de notre intimité alors que nous pleurons notre mari, père, fils, frère et ami bien-aimé », est-il écrit dans ce message. En 2024, il avait annoncé être atteint d’un cancer colorectal.
James Van Der Beek était marié et père de six enfants. Il restera indissociable de la série Dawson (Dawson’s Creek, « la rivière de Dawson ») de 128 épisodes de quarante-quatre minutes, créée par Kevin Williamson et diffusée initialement entre 1998 et 2003 sur le réseau The WB qui faisait partie de Warner Bros., une société du groupe Time Warner.
La série suivait un groupe d’amis au lycée découvrant l’amour, l’amitié et cherchant leur place dans la vie. Agé d’un peu plus de 20 ans, James Van Der Beek incarnait Dawson Leery, un adolescent de 15 ans aspirant à devenir réalisateur dans la lignée de Steven Spielberg et épris de sa voisine Joey Potter (Katie Holmes). La série avait fait de Van Der Beek, Joshua Jackson, Katie Holmes et Michelle Williams des vedettes.
« En France, cette série a très vite séduit les adolescents qui se retrouvent dans des histoires abordant des thèmes qui les touchent de près. Autant de préoccupations qui sont celles des jeunes d’aujourd’hui : l’amour, le divorce des parents, les ravages causés par l’alcool et la drogue ou encore l’homosexualité (…). Rythmée par une musique très présente, non dénuée d’humour, cette chronique au quotidien d’une bande d’étudiants d’une petite ville américaine, bien moins huppée que Beverly Hills, se révèle au fil des épisodes très attachante », écrivait Le Monde en 2000. La série avait aussi suscité la polémique lorsqu’un lycéen entamait une liaison avec une enseignante de vingt ans son aînée, ou encore lors de scènes jugées audacieuses pour l’époque. Des séries ultérieures comme Euphoria ou Sex Education lui doivent beaucoup.
Difficile de s’imposer dans le cinéma
James Van Der Beek a parfois eu du mal à se détacher de cette image, avant de choisir d’en jouer, notamment dans des vidéos pour Funny or Die ou dans le clip « Blow » de Kesha, où il apparaissait dans un combat au pistolet laser avec la chanteuse. « C’est difficile de rivaliser avec un phénomène culturel comme Dawson’s Creek », confiait-il en 2013 à Vulture. « La série a duré longtemps. Quand on incarne un personnage pendant autant d’heures devant le public, il est normal qu’on vous y associe. »
Sa célébrité lui ouvre les portes du cinéma (American Boys, comédie dramatique adolescente, Les Lois de l’attraction, adaptation du roman de Breat Easton Ellis), mais sans qu’il parvienne à s’y imposer. De son propre aveu, outre quelques « tueurs et psychopathes », les autres rôles marquants de James Van Der Beek sont des caricatures de Dawson ou de lui-même (dans les films Scary Movie, Jay et Bob contre-attaquent ou la sitcom Don’t Trust the B—- in Apartment 23).
« Dans l’ensemble, j’ai porté avec fierté mon passé plutôt que de le considérer comme quelque chose dont il fallait se débarrasser », disait-il au site people Page Six en 2011. Adepte des réseaux sociaux, l’acteur y était aussi présent à ses dépens, avec une image virale de son double de fiction en pleurs. « Mes abonnés sur Twitter écrivaient “classique” ou “mon moment préféré de tous les temps” avec un lien. Je cliquais toujours dessus, en m’attendant à ce que le lien soit une scène héroïque d’American Boys, et c’était toujours ce gif de moi en train de pleurer ! Je trouvais ça tellement drôle », avait-il assuré à Page Six.
En novembre 2025, Van Der Beek avait annoncé son intention de mettre aux enchères des souvenirs et « trésors » conservés de ses séries et films afin de financer son traitement contre le cancer.











