- À l’heure où les applications de rencontre s’essoufflent, les agences matrimoniales connaissent un retour en grâce.
- Il en existe plus de 500 en France, avec toutes le même argument de vente : remettre de l’humain dans la quête amoureuse.
- C’est ce qui a convaincu Florian, 34 ans, qui témoigne dans un reportage de « Sept à Huit Life ».
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Sept à Huit Life
Après l’âge d’or des applications de rencontres, les agences matrimoniales qu’on croyait has-been font leur grand retour. À Aix-en-Provence, Florent, 34 ans, s’est inscrit il y a trois mois dans une agence de rencontres qui organise ce jour-là une soirée de célibataires. Cet électricien cherche l’amour depuis neuf mois. « Je ne cherche pas le coup d’un soir, ça fait des années. Maintenant, j’ai grandi et je cherche vraiment quelque chose de sérieux »,
explique-t-il dans la vidéo en tête de cet article, replay d’un reportage de « Sept à Huit Life » sur le business de l’amour diffusé le week-end dernier sur TF1 (à retrouver en intégralité sur TF1+).
Quant à savoir s’il ne serait pas mieux chez lui à regarder sur Tinder, il est catégorique : « Pas du tout, parce que je vais passer beaucoup de temps à discuter par message, virtuellement, et en l’occurrence, on peut perdre énormément de temps. Je peux perdre deux semaines avec une fille qui va être là juste pour… Alors qu’en réel, la fille, en 10 minutes, je vais savoir si elle est intéressée ou pas »
.
Le plus dur, c’est le premier pas. C’est de prendre son élan et d’y aller.
Le plus dur, c’est le premier pas. C’est de prendre son élan et d’y aller.
Florent, 34 ans
Pour ce jeune homme un peu timide, l’agence matrimoniale peut aussi être d’une aide précieuse. Car « le plus dur, c’est le premier pas. C’est de prendre son élan et d’y aller »
. Florent a repéré une fille blonde qui, au premier coup d’oeil, lui plaît beaucoup. Pauline a 34 ans. Elle est célibataire depuis un an et demi. « Je vais aller lui parler »
, lance-t-il. Après quelques échanges, le jeune homme ne sait pas si ça a matché, « mais le dialogue était fluide, donc on verra »,
dit-il. Finalement, malgré ses efforts, Florent ne la reverra pas.
Après plusieurs échecs amoureux, cet électricien vit seul avec Elon, son chat chéri. Sur le mur de son appartement trônent plusieurs photos de couples, celles de ses parents mariés depuis 33 ans et de ses grands-parents qui sont restés toute leur vie ensemble. « Ce sont des modèles de couple qui restent. Des modèles d’engagement, de fidélité pendant des années »
, avance-t-il. Est-ce pour leur ressembler qu’il a fait appel à une agence de rencontres ? « En fait, j’ai toujours travaillé dans un milieu d’hommes, entre guillemets. C’est pour ça que je me suis dit que c’était une occasion de rencontrer des personnes qui sortaient de mon milieu très masculin, il n’y a vraiment aucune fille dans le BTP »,
affirme-t-il.
Florent a pris un forfait à 399 euros qui lui donne droit à trois rencontres organisées. Il y a quelques jours, l’agence l’a appelé pour lui annoncer qu’ils avaient trouvé une fille à lui présenter. Il a rendez-vous avec elle. Pour se préparer, il veut les conseils de sa cousine Julie, sa confidente. « Elle s’appelle Léa. Elle a travaillé en Allemagne. Et là, elle s’est remise en France. Elle veut changer de vie et créer son entreprise. Elle est mince, aux yeux verts, fait 1,62 m »,
lui détaille-t-il. « Reste naturelle, t’es hyper drôle, t’es beau en plus, tu vas la faire marrer. Et le seul challenge, c’est qu’elle te plaise. Écoute-la, ne la coupe pas, et tout ira bien »
, conseille-t-elle.
Pour mettre toutes ses chances de son côté, Florent s’est également payé une séance de relooking, proposée par l’agence, à 80 euros. Il a rendez-vous avec Mathieu, un personal shopper. Florent a 300 euros de budget. Le coach l’emmène dans une boutique de prêt-à-porter haut de gamme. « Par rapport au date, il faut rester toi-même. Il ne faut pas que tu sois déguisé »
, souligne Mathieu. Entre son abonnement et son relooking, Florent a déjà dépensé 860 euros. « Je pense que quand on s’engage financièrement, ça aide énormément à s’investir. Parce qu’on sait qu’on y a mis de l’argent, on y a mis du temps. Il faut mettre un maximum de chances de son côté. Je pense que le choix d’un partenaire dans la vie, c’est ce qui peut avoir le plus d’impact financier et émotionnel en bien et en mal dans une vie »,
estime-t-il.
On a beaucoup de critères sur les cheveux. Quand on est un homme, il vaut mieux en avoir.
On a beaucoup de critères sur les cheveux. Quand on est un homme, il vaut mieux en avoir.
Florent, fondateur de l’agence « Begin »
Florent a rendez-vous avec Léa. Il n’a pas eu le droit de la voir en photo. « C’est un peu la règle du jeu, apparemment, c’est ce qu’ils imposent à tout le monde. C’est vrai que j’aurais préféré. On verra, c’est la surprise »,
lâche-t-il. Après 20 minutes de balade, Florent et Léa sont partis boire un verre dans un bar. En attendant d’avoir leur débriefing, l’équipe de » Sept à Huit Life » a voulu rencontrer ceux qui tirent les ficelles de ces rendez-vous. Florent, fondateur de l’agence « Begin », a eu une idée pour maximiser les chances de former des couples : réunir, sur une même plateforme, les membres de nombreuses agences matrimoniales françaises.
Grâce à ce réseau, les « matchmakers » ne sont plus limités à leur seul client. Ils ont accès à des dizaines de milliers de profils. Les clients doivent remplir un formulaire, avec 170 questions sur tous les sujets : sexualité, religion, ou encore orientation politique. Un outil pour aider les « matchmakers » à identifier les profils les plus compatibles. « Souvent, des gens qui sont d’extrême droite vont refuser des gens d’extrême gauche. L’inverse est vrai. Et les gens du centre ou des partis gauche-centre-droite vont exclure les deux extrêmes »,
raconte-t-il.
Côté physique, « la taille, c’est très important, plutôt pour les femmes : c’est souvent 1m80. Les hommes ont d’autres critères. On a beaucoup de critères sur les cheveux. Quand on est un homme, il vaut mieux en avoir. Et on a beaucoup de critères sur la corpulence, ça c’est plutôt pour les hommes. On a des gens aussi qui nous demandent des choses extrêmement précises, voire trop précises. Je pense à une cliente, par exemple, qui était très à cheval sur le signe astrologique, et ne voulait rencontrer que des béliers. Donc, on essaie d’accompagner les clients pour leur faire comprendre que ça va être compliqué »
, précise-t-il. Une fois ces critères cochés, un algorithme établit des matchs et fait un premier tri. Seuls les « matchmakers » ont accès aux résultats.
Au lendemain de son rendez-vous avec Léa, Florent retrouve ses copains pour débriefer. « Bah, ça s’est pas super bien passé. En fait, au début, on a beaucoup parlé. Et au bout d’un moment, je sentais qu’elle n’avait pas l’air réceptive. Puis après, elle a dit :
‘j’ai froid’, à 20h30. Après, elle m’a dit clairement qu’elle n’avait pas le feeling. Donc, il n’y aura pas de second rendez-vous »,
confie-t-il. Comme Florent, ses copains, tous célibataires, préfèrent aujourd’hui des rencontres organisées via des agences ou des applis plutôt que d’aller aborder les filles dans la vraie vie. « Ça marche, mais il faut avoir plus de courage. Disons que derrière un écran, c’est plus facile. Parce que les filles ont tellement été habituées à se faire draguer de manière lourde qu’un mec qui drague gentiment, juste par pure bienveillance, il a peur d’y aller parce qu’il va se prendre un vent »,
rapporte l’un d’eux.
Léa, quant à elle, reconnaît auprès de Laura, sa « matchmaker », ne pas avoir ressenti le « wow » avec Florent. « Et même si les critères sont respectés, que sur le papier ça a l’air d’être un super date, parfois la magie n’opère pas, malheureusement »,
regrette Laura, mais elle est certaine d’y arriver la prochaine fois.









