Kyiv, le 28 août 2025,
Chères lectrices, chers lecteurs,
Je suis à Kyiv [Kiev, en ukrainien] depuis presque cinq semaines avec mon fils de 18 mois. Avant de partir, j’ai, comme avant chaque voyage en Ukraine, dû faire face à des tergiversations infernales : une peur totale et envahissante, la crainte de ne pas faire le bon choix, l’envie de ne finalement pas y aller, de ne pas emmener mon enfant dans cette guerre… Une fois sur place, j’ai retrouvé mon calme au bout d’une semaine.
La nuit dernière, j’ai dormi chez mon père avec Zakary et il y a eu une grande attaque. En début de soirée, sa femme est descendue dans la station de métro la plus proche car elle était très inquiète du nombre de drones annoncé. Avec papa, on a trouvé que la situation était plutôt tranquille alors on est restés dans l’appartement. On s’est couchés, mais, à 3 heures du matin, j’ai été réveillée par une explosion… La minute d’après, nous étions dehors avec Zakary pour nous réfugier dans le métro. C’était la panique, des roquettes balistiques tombaient sans avoir été annoncées. On était peu dans la station, peut-être une cinquantaine. L’attaque a fait au moins 13 morts à Kyiv [le bilan ne cesse de s’alourdir depuis].
C’est la deuxième fois que j’allais me réfugier dans le métro. La première, c’était dans la nuit du 20 au 21 août. Mais on était beaucoup mieux préparés. J’avais une tente qui se déplie hyper rapidement, un tapis chauffant et un matelas autogonflable que j’avais acheté en arrivant. Avec maman, on avait vu sur Telegram que plus d’une cinquantaine de drones volaient en direction de Kyiv et que des avions russes avaient décollé de la base russe Engels-2.
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