Sous le ciel bas d’hiver, dans l’air humide, au-delà de terrains vagues, elle apparaît, frappée des anneaux olympiques, comme le mirage d’une grosse soucoupe volante. Les accès, depuis le quartier périphérique de Santa Giulia, sont encore fermés. Un ouvrier, seul dans ce grand paysage ouvert le confirme : il y a encore du travail. Mais l’arène est bien là, avec ses 16 000 places.
Presque prête à accueillir les épreuves de hockey sur glace des Jeux 2026 (du 6 au 22 février, puis du 6 au 15 mars pour les paralympiques), qui se tiendront à Milan, dans la station de sports d’hiver de Cortina d’Ampezzo (Vénétie), distante de 400 kilomètres, et sur cinq autres sites du nord de l’Italie. Comme partout, comme toujours, des voix s’élèvent pour interroger l’apport réel de l’événement, dont le budget dépasse les 5 milliards d’euros, ainsi que son impact environnemental dans des montagnes si fragiles, où la neige se fait rare et où les glaciers glissent.
Les Jeux arrivent en tout cas dans une capitale lombarde qui doute de son modèle, après avoir connu un développement sidérant depuis une décennie. Elle est devenue plus inégalitaire, plus dure pour certains, à mesure qu’elle prenait, pour une poignée d’expatriés, des allures de havre fiscal. Les grues et les gratte-ciels dominent aujourd’hui un centre-ville que les classes moyennes ont tendance à abandonner.
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