Le ministre de l’intérieur italien, Matteo Piantedosi, a assuré mercredi 4 février que les agents de la police américaine de l’immigration (ICE), dont l’arrivée en Italie pour les Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina avait soulevé une polémique, n’auraient aucun rôle « opérationnel ».
« Je réaffirme une nouvelle fois le point central : l’ICE n’exerce pas et n’exercera jamais d’activités opérationnelles de police sur notre territoire national », a déclaré le ministre devant les députés, deux jours avant l’ouverture des JO.
Il a de nouveau précisé que les agents présents en Italie appartenaient au service de sécurité intérieur (HSI) chargé d’analyses sur l’antiterrorisme et la criminalité internationale, et non à l’unité chargée de la lutte contre l’immigration, dont les méthodes ont suscité de nombreuses protestations aux Etats-Unis.
M. Piantedosi a tenu à rappeler que la collaboration avec ICE remontait à plus d’une dizaine d’années, en vertu d’un accord de coopération policière signé entre les deux pays en 2009 et ratifié en 2014. Les agents de l’ICE qui seront déployés à Milan n’appartiennent pas à la même unité que les agents d’immigration qui mènent des opérations de répression dans le Minnesota et dans d’autres villes américaines.
Le ministre de l’intérieur italien a assuré que la police italienne avait obtenu de nombreux succès à la suite d’informations fournies par les agents de l’ICE présents dans les représentations diplomatiques américaines en Italie. Il a jugé normale la collaboration entre forces de l’ordre des différents pays lors de ce genre d’événement, citant des agents italiens envoyés à Paris lors des JO 2024.
6 000 membres des forces de l’ordre
L’Italie a présenté jeudi un plan de sécurité détaillé pour les Jeux olympiques d’hiver, soulignant qu’elle conserverait le commandement de toutes les opérations. La délégation américaine sera conduite par le vice-président américain, J. D. Vance, et le secrétaire d’Etat, Marco Rubio.
M. Piantedosi a également fourni un cadre général des mesures de sécurité déployées par les autorités italiennes. Ainsi, 6 000 membres des forces de l’ordre, comprenant entre autres des tireurs d’élite, des unités cynophiles, des unités antisabotage, antiterrorisme, seront chargés de la sécurité lors des JO, dont les premières épreuves débutent mercredi et qui dureront jusqu’au 22 février.
Le gouvernement a financé le volet sécurité des JO avec 30 millions d’euros en 2025 et 114 millions d’euros en 2026, a précisé le ministre. Le ministère de la défense a, pour sa part, fait savoir que près de 2 000 militaires seraient également présents pour assurer la sécurité des JO, avec 170 véhicules, des radars, des avions et des drones.
Pas les bienvenus, selon la maire
Samedi, des centaines d’Italiens avaient manifesté à Milan pour protester contre le déploiement d’agents de la police de l’immigration américaine aux Jeux olympiques d’hiver, prévus du 6 au 22 février, avec la délégation américaine.
Quelques jours plus tôt, le département d’Etat américain avait annoncé que plusieurs agences fédérales, dont l’ICE, contribueraient à la protection de la délégation américaine, comme elles l’ont fait lors des Jeux olympiques précédents.
L’annonce de la venue d’agents de l’ICE après la mort par balle de deux citoyens américains tués par des agents fédéraux dans le Minnesota, en janvier, a provoqué un tollé en Italie. Le maire de Milan, Giuseppe Sala, avait déclaré qu’ils n’étaient pas les bienvenus.






