• Depuis lundi 4 mai, les actifs français travaillent pour eux, tandis que leur labeur du début d’année a financé les pensions de retraite.
  • Une date symbolique pour comprendre le poids du système de retraite dans l’équilibre budgétaire global, mais aussi le vieillissement de la population.
  • Explications dans le 20H de TF1.

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Le 20H

Dans l’entreprise où TF1 a réalisé son reportage, le mardi 5 mai, les salariés ne semblent pas savoir qu’ils ont quelque chose à célébrer : « Est-ce que vous savez quel jour on est ? », questionne notre équipe, sans obtenir la réponse attendue. En réalité, ce qu’ils peuvent surtout fêter, c’est le fait que depuis lundi 4 mai, les salariés français travaillent pour eux. Car jusqu’à cette date, les 85 premiers jours ouvrés de l’année, tout ce qu’ils ont gagné a servi à payer les pensions et la sécurité sociale des retraités. 

« Je pense que 85 jours, c’est beaucoup. Donc on est sur un système qui est un peu en perte », estime un employé de l’entreprise.

La date de l’année à partir de laquelle les actifs français travaillent pour eux, et plus pour payer les retraites, a beaucoup reculé depuis 1970. – TF1

Derrière cette date symbolique, l’idée de montrer que le poids du système des retraites (nouvelle fenêtre) pèse très lourd sur les revenus des actifs. Prenons l’exemple d’un salarié qui touche 2.200 euros net par mois. Ses cotisations et celles de son patron pour financer la sécurité sociale des retraités et leurs pensions représentent 37% de son salaire avant prélèvement. Soit, rapporté sur l’année, le montant de son salaire jusqu’à début mai. 

« Ça nous coûte cher tout ça. Donc ce qu’il faudrait, c’est qu’on raccourcisse cette période. Au lieu de finir en mai, il faut qu’on finisse en mars, par exemple », estime une autre employée. Est-ce seulement possible ? Oui ! En 1970, dès le 27 février, le système des retraites était financé. En 2000, il fallait travailler plus longtemps, jusqu’au 17 avril. Désormais, c’est donc jusqu’au 4 mai. 

Comment expliquer ces 44 jours supplémentaires ? Par le vieillissement de la population notamment, explique l’économiste Maxime Sbaihi : « Ce système est basé sur la démographie, sur une pyramide des âges, avec beaucoup de jeunes et très peu de personnes âgées. Comme cette pyramide est en train de s’inverser, le financement pèse de plus en plus lourd sur les générations qui travaillent aujourd’hui. » 

À tel point qu’aujourd’hui, la pension d’un retraité est financée par moins de deux actifs. C’était 5 dans les années 70.

La rédaction de TF1info | Reportage TF1 : Charles DIWO, Teddy PERSICOT, Alexandre GAUDIN

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