- Des chercheurs ont découvert des gènes communs entre différentes maladies mentales
- Un gène lié à la dopamine se révèle présent dans de nombreux troubles.
- Cette avancée offre des pistes prometteuses pour de nouveaux traitements.
Et si les maladies mentales partageaient des gènes communs à l’origine ? C’est ce que révèle une étude parue dans la revue Nature à la fin de l’année 2025. Une équipe de chercheurs du consortium international Cross-Disorder Psychiatric Genomics a étudié un million de patients souffrant de pathologies mentales différentes telles que la schizophrénie, la bipolarité, de TOC ou encore l’anorexie mentale et ont identifié des mécanismes génétiques communs. Cette découverte montrerait que les maladies mentales seraient donc plus proches biologiquement que l’on pourrait le penser. Et un gène a particulièrement intéressé les neuroscientifiques. « Il y a quelques dizaines de milliers de gènes communs à l’ensemble de la maladie mentale, par exemple il y a le gène du DRD2D qui code pour le récepteur de la dopamine. Il est largement distribué dans l’ensemble de la maladie mentale, pas que dans les addictions comme on croyait au début
« , explique à France Inter
, Philip Gorwood, chercheur à l’Inserm, qui a participé à l’étude. Interrogé par Libération
, le généticien au CNRS Christian Dina ajoute : « Il y a environ une centaine de gènes répartis sur 400 loci (marqueurs génétiques), qui sont vraiment communs entre tous les troubles
« .
Une avancée pour les traitements des maladies mentales ?
Ils ont ainsi mis en évidence cinq grands groupes : les addictions, l’anorexie mentale associée aux troubles obsessionnels compulsifs (TOC) ; la dépression associée à l’anxiété et à l’état de stress post-traumatique ; l’autisme associé au trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). « Elle va rapprocher de manière franche le trouble bipolaire et la schizophrénie qu’auparavant on a toujours considéré comme des pathologies différentes
« , et ce, même si les symptômes et les traitements sont différents, ajoute le chercheur de l’Inserm.
Cette découverte pourrait à terme, permettre de faire évoluer non seulement le classement des pathologies, mais également le traitement. « Cela fournit des pistes pour développer ou repositionner des molécules
« , souligne Christian Dina. Même si cette recherche bouleverse la cartographie des maladies mentales, le consortium rappelle que la génétique ne suffit pas à tout expliquer. Les chercheurs insistent sur la nécessité d’études supplémentaires même s’il s’agit déjà d’une très grande avancée.








