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La Chine a-t-elle espionné la Royal Navy grâce à un dispositif installé sur des drones britanniques ?

Espace PresseBy Espace Presseaoût 11, 2026
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La Chine a-t-elle espionné la Royal Navy grâce à un dispositif installé sur des drones britanniques ?

  • La Chine pourrait avoir espionné la Royal Navy britannique grâce à sa nouvelle flotte de drones.
  • Des composants chinois ont été utilisés pour la construction de ces engins ultra-performants.
  • Le ministre britannique de la Défense assure qu’aucune information sensible n’a été transmise.

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En anglais, on appelle ça un « battement de cœur » (« heartbeat »). Les traductions françaises sont variables, le consensus s’établissant autour de « signal de présence ». C’est cette infime pulsation que certains composants électroniques transmettent à leur maison-mère. 

Ici, les composants étaient intégrés dans des caméras, elles-mêmes embarquées à bord de la toute dernière flotte de drones maritimes de la Royal Navy britannique, des K3-Scout, qui auraient pu faire partie de la mission pour sécuriser le détroit d’Ormuz, lorsque celle-ci a été envisagée. Si un signal a bien été transmis à une adresse IP en Chine, le ministère britannique de la Défense assure qu’aucune donnée sensible n’a filtré.

Le drone Kraken K3 Scout en démonstration dans le port de Hambourg, en mars 2026. – MARCUS BRANDT / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP

Les K3 Scout, produits par l’entreprise britannique spécialisée Kraken Technology Group, sont une merveille technologique, comme le détaille la journaliste Esther Abitbol dans la vidéo de LCI en tête de cet article. Ce sont des drones navals (nouvelle fenêtre) de surface conçus pour la surveillance (même s’ils peuvent théoriquement accueillir des options d’armement), bardés de capteurs et de caméras, qui peuvent effectuer des missions en autonomie jusqu’à 30 jours en mer. 

Ressemblant à de petites vedettes, longs de 8,40 mètres, ils peuvent dépasser les 100 km/h et transporter jusqu’à 600 kg de matériel. La Royal Navy en a commandé 20 pour lancer sa flotte hybride, une évolution stratégique majeure, et les premiers modèles ont été livrés entre mars et mai cette année. Mais le quotidien conservateur britannique The Telegraph (nouvelle fenêtre) a affirmé ce dimanche que des « caméras espions chinoises » avaient été trouvées à bord des engins.

« Vulnérabilités identifiées et closes »

C’est lors d’un test de cybervulnérabilité de routine que la présence de composants chinois a été détectée. Le groupe Kraken Technology a confirmé qu’un sous-traitant chargé de fournir les caméras y avait eu recours. À la suite des révélations du Telegraph, le ministère britannique de la Défense a affirmé qu’une enquête n’avait trouvé « aucune preuve que des données sensibles aient été compromises ou transmises vers l’extérieur ». Un porte-parole de Kraken a confirmé le diagnostic, et assuré que toutes les « vulnérabilités potentielles ont été identifiées et closes ».

Comme tous les membres de l’Otan, le Royaume-Uni a pourtant théoriquement « banni tout composant chinois de son équipement militaire », rappelle la BBC (nouvelle fenêtre), et c’est le sous-traitant chargé de la caméra qui est aujourd’hui montré du doigt par les responsables de la Défense et par le constructeur. 

Outre-Manche, l’affaire met en évidence le danger d’une production rapide, comme ce fut le cas pour les K3 Scout, commandés quelques mois seulement avant leur livraison. Un enjeu majeur se dessine pour l’armée britannique, comme pour celles des grandes nations, qui doivent adapter leur équipement militaire à des conflits très évolutifs, où les drones font la différence. Le tout alors que l’hégémonie chinoise sur les composants électroniques pour les produire est difficile à contourner.

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