Interventions musclées pour empêcher l’embarquement de migrants sur les plages de la Manche, violences dénoncées en centre de rétention administrative (CRA), évictions de campements sur des fondements juridiques douteux… « Les difficultés dans le traitement des personnes étrangères par les forces de sécurité ne sont vraiment pas nouvelles, mais je note un glissement progressif depuis environ 2021, s’alarme la Défenseure des droits (DDD), Claire Hédon, auprès du Monde. Les atteintes à la dignité augmentent, alors même que le fondement d’une démocratie, c’est le respect de la dignité des personnes. »
Principal sujet de saisine de l’autorité administrative indépendante en matière de déontologie des forces de sécurité intérieure : les violences en CRA. Depuis 2021, la DDD a été saisie de 230 signalements de faits de violences imputées aux forces de sécurité par des personnes retenues.
L’augmentation des réclamations a poussé l’autorité administrative à visiter trois centres, comme celui du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne), dont la Cimade avait annoncé se retirer, en février 2023. L’association d’accompagnement juridique, mandatée par l’Etat, alertait alors : « Les situations de violences n’ont cessé de se multiplier : violences entre personnes retenues, violences policières à l’encontre des personnes retenues, tandis qu’alertés par ces faits, les responsables des CRA assument une nécessité de recours à la force. »
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