En mai, aux portes de Besançon, un automobiliste filme un loup, langue pendante et air effrayé, courant sur la RN 57. La vidéo est très largement diffusée sur les réseaux sociaux. Le spécimen, authentifié par l’Office français de la biodiversité (OFB), la police chargée de lutter contre les atteintes à l’environnement, fait partie des deux meutes de loups comptabilisées dans le Doubs, qui réunissent une dizaine de membres. « Pendant les semaines qui ont suivi, se souvient Richard Goutaudier, le responsable du département du Doubs, nous avons vu des gens tourner pendant des heures sur les rocades autour de Besançon, pour tenter de retrouver et de photographier l’animal. L’engouement est tel que, pour une image, certains sont prêts à utiliser tous les moyens possibles. » En vain, le grand canidé n’est pas réapparu.
En trente ans de métier au service de la nature, l’agent de l’OFB constate une « pression photographique » sur ce territoire où vit un très grand nombre d’animaux sauvages, dont plusieurs espèces protégées. La baisse du coût du matériel et le développement du numérique, l’intérêt croissant pour la nature mais aussi l’accessibilité des ressources disponibles sur Internet ont suscité de nombreuses vocations. « Autrefois, il fallait connaître le terrain et les spécificités de la faune locale pour trouver les endroits, les “spots” fréquentés par telle ou telle espèce, poursuit le responsable doubien. Aujourd’hui, les photographes peuvent être avertis de la présence en temps réel d’une colonie d’animaux, en surfant sur Internet. »
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