- On sait déjà que l’Hexagone est champion du monde en matière de ronds-points.
- Plus de 42.000 existent en France, et trois nouveaux apparaissent chaque jour.
- Mais sont-ils vraiment la solution la plus efficace contre les accidents de carrefours ?
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Le 13H
En France, impossible d’y échapper, les ronds-points sont partout. Et contrairement aux feux tricolores, eux, ne tombent jamais en panne. La France compterait entre 40.000 et 70.000 ronds-points. C’est un record, qui place l’Hexagone loin devant ses poursuivants. Le Royaume-Uni, qui se classe deuxième, en compte moins de 30.000.
Depuis des années, l’intersection de Seine-et-Marne sur laquelle s’est rendue notre équipe a été le théâtre de nombreuses collisions. On dénombre deux morts et onze blessés sur les seules trois dernières années. D’après le maire de Oissery, la construction d’un rond-point à cette intersection pourrait sauver des vies. « Pour moi, c’est la solution pour faire ralentir les camions, les véhicules qui viennent du nord et qui vont vers le sud, et puis surtout pour que les gens puissent traverser ce carrefour de façon sécurisée »
, estime l’édile au micro de TF1. Depuis leur arrivée dans le paysage français il y a quatre décennies, les ronds-points conservent en effet la réputation d’être la solution la moins accidentogène. Qu’en est-il vraiment ?
Priorité à gauche
C’est le 1ᵉʳ mai 1984 que la révolution a eu lieu sur nos routes. Les carrefours à sens giratoire imposent une nouvelle règle, par rapport aux ronds-points qui préexistaient. « La priorité à gauche sera appliquée en France sur les carrefours comportant un terre-plein central »
, énonçait gravement le présentateur Jean-Claude Bourret deux jours avant l’entrée en vigueur de la mesure qui va tout changer.
Jusqu’alors, les conducteurs pouvaient s’engager sur un rond-point quasiment sans freiner, disposant de la priorité. La nouvelle règle les oblige à réduire leur vitesse pour respecter le panneau de « céder le passage ». Résultat, 40% d’accidents en moins dès la première année. Les carrefours giratoires (improprement, mais très majoritairement, appelés ronds-points) ont une autre qualité. La plupart des accidents qui s’y produisent tout de même sont latéraux, en moyenne moins graves que les chocs frontaux ou à angle droit.
Réduction en nombre et en gravité
Selon une étude de l’IIHS américain (nouvelle fenêtre), un groupement d’assureurs pour la sécurité routière, l’implantation d’un rond-point réduit de 37 % le nombre total de collisions, et celles-ci ont moins de conséquences graves. Ainsi, les accidents corporels sont réduits de 75 %, et les accidents mortels de 90 %. Ce bilan n’inclut pas les ronds-points plus complexes — doubles ou triples — ni ceux équipés de feux de signalisation ou d’une voie dédiée aux tramways.
Une étude du Centre d’études sur les réseaux, les transports, l’urbanisme et les constructions publiques (CERTU) relevait aussi (nouvelle fenêtre) en 2009 que le nombre d’accidents dans les carrefours giratoires a nettement diminué au fil des années, à mesure qu’ils s’imposaient dans les habitudes de conduite des Français.







