- Une séance publique de la métropole Aix-Marseille-Provence a eu lieu ce mardi.
- Le budget 2026 a été retiré de l’ordre du jour, avec le soutien des 92 maires de toutes tendances de la collectivité.
- Une façon pour le maire de Marseille Benoît Payan et les élus de cette collectivité de provoquer un « électrochoc » et « renvoyer l’État à ses responsabilités ».
Une décision « forte et inédite »
en forme d’appel au secours. Les élus de la métropole Aix-Marseille-Provence, la plus étendue de France, ont annoncé ce mardi 28 avril leur refus de voter le budget 2026, ouvrant la voie à une rarissime mise sous tutelle de l’État. En cause : un déficit de 123 millions d’euros pour l’année 2026, pour un budget de 4,8 milliards en 2025.
La décision a été annoncée lors d’une séance publique. Le maire de Marseille Benoît Payan (DVG), réélu lors des dernières élections municipales, avait assumé avant cette réunion vouloir provoquer « un électrochoc ».
« Je crois que l’État ne nous a pas cru quand nous avons dit que nous ne présenterions pas de budget »
. Constatant qu’« il est impossible en l’état de présenter un budget où seraient inscrites autant de recettes que de dépenses »
, une obligation légale, le budget principal et les budgets annexes ont été retirés de l’ordre du jour, avec le soutien des 92 maires de la collectivité, toutes tendances confondues.
Les élus veulent « renvoyer l’État à ses responsabilités »
C’est l’aboutissement d’un bras de fer avec l’État que les édiles ont engagé il y a plusieurs semaines pour alerter sur les difficultés financières de la métropole. Les responsables métropolitains ont dit qu’ils voulaient ainsi « renvoyer l’État à ses responsabilités »
. La collectivité n’aura donc pas son budget avant la date butoir du 30 avril fixée par la loi.
Cette situation devrait conduire à une intervention du préfet, charge à lui de saisir la chambre régionale des comptes qui aura alors un mois pour formuler un budget alternatif. Une mise sous tutelle rarissime, qui a concerné l’an dernier le département de la Charente et celui de la Guadeloupe à la fin des années 1990.
La nouvelle gouvernance de la métropole Aix-Marseille-Provence, élue dans la foulée des élections municipales de mars dernier, impute ses difficultés à la baisse des dotations de l’État aux collectivités qu’elle chiffre à au moins 120 millions d’euros en deux ans et à la hausse des coûts de fonctionnement en raison de la création de nouvelles infrastructures de transports après le plan d’investissement « Marseille en grand ».
« Un choc fiscal » à venir
Les élus métropolitains avaient lancé la semaine dernière un appel solennel à l’État pour qu’il débloque la situation et les aide à combler le déficit 2026. L’institution réclame notamment un déplafonnement du versement mobilité, taxe payée par les entreprises.
L’intercommunalité a de son côté élaboré un « plan d’économie d’urgence »
d’un peu plus de 30 millions d’euros comprenant notamment la suppression de certains évènements. Mais cela n’empêchera pas « un choc fiscal »
à venir en 2026 et en 2027 pour les 1,8 million d’habitants de la métropole, a prévenu ce mardi le président de l’institution, Nicolas Isnard (LR), maire de Salon-de-Provence.
Ces dernières semaines, plusieurs pistes d’économies ont été évoquées. Parmi elles, une augmentation des tarifs des transports, une hausse de la fiscalité ou encore une baisse des subventions aux associations. Des pistes loin de faire consensus.

