Cela faisait des mois que le Liban vivait sur des montagnes russes. Au cours de l’automne 2025, des médias israéliens relayaient les menaces d’une nouvelle vaste offensive sur le Liban pour y détruire le Hezbollah. En février, quelques jours avant qu’Israël et les Etats-Unis n’attaquent l’Iran, des journaux libanais affirmaient que l’armée israélienne était sur le point de rouvrir un front au pays du Cèdre, après le précédent conflit de l’automne 2024 entre l’Etat hébreu et le mouvement armé chiite allié de Téhéran.
Lundi 2 mars, la guerre a fait son retour. Elle n’a pas commencé par une opération israélienne, mais par des tirs de roquettes lancés en direction de l’Etat hébreu par le Hezbollah. Cette attaque a été condamnée par le premier ministre libanais, Nawaf Salam, et le président, Joseph Aoun, et elle a provoqué la colère de nombreux Libanais, furieux que le pays soit entraîné dans un nouveau conflit.
Le Liban a renoué avec le vacarme des bombes et l’angoisse. Depuis le déluge de feu israélien qui s’est abattu en riposte sur le pays à partir du 2 mars, 570 personnes ont été tuées, dont 86 enfants, a annoncé, mercredi 11 mars, le ministère de la santé libanais.
Peur constante
La guerre en cours est intimement liée à celle qui se joue entre l’Iran, d’une part, et les Etats-Unis et Israël, d’autre part. Mais elle apparaît aussi comme une suite de la précédente confrontation (septembre-novembre 2024), durant laquelle Israël avait infligé des coups sévères au Hezbollah, sans toutefois le défaire.
« Il était évident, avant [l’attaque lancée par le Hezbollah], que les dirigeants politiques et militaires israéliens cherchaient un prétexte pour reprendre la guerre depuis l’accord de cessez-le-feu déséquilibré de novembre 2024 », écrit ainsi Yezid Sayigh, chercheur palestinien au bureau Moyen-Orient de la Fondation Carnegie. Il souligne que le nouveau cycle de violence s’inscrit dans un « contexte de puissance israélienne sans limite » au Moyen-Orient.
Il vous reste 66.12% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.










