A l’âge de 26 ou 27 ans, 28 % des personnes ayant connu une pauvreté sévère à l’entrée au collège ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation (une situation qu’on résume sous l’acronyme anglais « NEET », pour « not in education, employment or training »), contre 10 % parmi ceux qui n’ont pas été exposés à la pauvreté. Ces mêmes personns en situation de pauvreté au collège sont également 29 % à toujours vivre chez leurs parents au même âge (contre 17 % chez les non-pauvres), et parmi ceux qui travaillent, près d’un sur trois touche un salaire parmi les 20 % les plus faibles de la cohorte étudiée.
Ces résultats sont ceux d’une note d’analyse du chercheur Clément Peruyero, de l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, diffusée le 12 février par le Haut Commissariat à la stratégie et au plan. Le chercheur montre l’impact très marqué de la pauvreté sur la trajectoire des individus à partir de l’analyse d’une cohorte de 18 000 personnes interrogée en 2008 et en 2023, c’est-à-dire au début du collège, vers 11 ans, et à l’entrée dans la vie adulte, vers 26-27 ans.
La cohorte est constituée d’un panel d’élèves de 6e en 2007, constitué par la Direction des statistiques de l’éducation nationale (DEPP), apparié avec l’enquête Entrée dans la vie adulte (EVA) de l’Insee. Elle éclaire d’un jour nouveau deux phénomènes bien connus : l’impact de la pauvreté sur la scolarité, d’une part, et les mécanismes de transmission de la pauvreté d’une génération à l’autre, d’autre part.
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