Les maladies cardio-vasculaires sont, avec les cancers, la première cause de mortalité en France. Elles provoquent chaque année environ 140 000 décès, soit plus d’un sur cinq, et entraînent 1,2 million d’hospitalisations, avec parfois des séquelles graves. Pourtant, elles ne font ni la une des journaux ni l’objet d’une stratégie nationale de prévention à la hauteur de leur impact sanitaire et social.
Près de 3 millions de personnes vivent avec une maladie coronaire, plus de 1 million ont déjà présenté un accident vasculaire cérébral, et environ 1,5 million souffrent d’insuffisance cardiaque. Une grande partie de ces maladies pourrait pourtant être évitée. Les facteurs de risque modifiables sont connus : hypertension artérielle, diabète, excès de cholestérol, tabagisme, obésité, sédentarité et manque d’activité physique. Leur dépistage et leur prise en charge permettent de gagner jusqu’à dix années d’espérance de vie en bonne santé, selon les données scientifiques les plus récentes.
Malheureusement, notre système de santé reste construit autour du curatif. La France excelle dans la prise en charge des maladies cardio-vasculaires, mais beaucoup moins dans leur prévention. Moins de 3 % du budget national de la santé y est consacré. Les campagnes d’information sont limitées, les consultations de prévention insuffisamment développées, le sport sur ordonnance peu financé, et les inégalités territoriales persistent.
Réduire la mortalité cardio-vasculaire devrait devenir une priorité nationale. Cela suppose des objectifs chiffrés, des indicateurs publics, un financement spécifique et une responsabilité politique clairement assumée. La prévention ne peut plus être considérée comme une affaire individuelle : elle doit devenir un projet collectif, à l’image de la lutte contre le cancer, récemment dotée d’un budget de 1,7 milliard d’euros pour les cinq prochaines années.
Les maladies cardio-vasculaires, bien que mieux soignées qu’autrefois, restent une cause majeure de handicaps, notamment par l’insuffisance cardiaque, les accidents vasculaires cérébraux et l’artériopathie des membres inférieurs, avec toutes leurs conséquences sanitaires, sociales et économiques.
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