- Le dessin animé russe « Masha et Michka » cartonne dans le monde entier, y compris en France.
- Cette série d’animation pour enfants vient d’être sanctionnée par l’Ukraine, qui y voit un instrument de propagande de Moscou.
- Des députés britanniques attendent aussi des sanctions.
Masha et Michka
raconte les aventures d’un ours de cirque à la retraite et d’une petite fille de 4 ans. Pour Kiev, c’est un peu plus que ça. La série d’animation russe servirait aussi d’outil de propagande au Kremlin. « La propagande russe n’a pas sa place sur les écrans des enfants, ni en Ukraine ni ailleurs dans le monde »
, a affirmé vendredi la ministre ukrainienne de la Culture, Tetiana Berejna. Au point que Kiev vient d’imposer des sanctions contre les producteurs et les distributeurs : avoirs gelés, activités économiques restreintes ou encore diffusion interdite dans le pays. Des députés britanniques ont eux adressé une lettre ouverte à la ministre de la Culture le mois dernier.
Il est surtout intéressant de se pencher sur l’instrument de soft power que cet ours en 3D – animal symbole de la Russie – peut représenter. Masha et Michka
était diffusé sur France 5 il y a quelques années et cartonne partout dans le monde. Il cumule aussi 53 millions de vues sur Netflix et 12 millions d’abonnés sur YouTube.
Dans certains épisodes, on peut notamment voir la petite fille porter « une casquette de la police politique de Staline »
(voir la vidéo en tête de cet article), explique sur LCI la journaliste international Esther Abitbol. On l’entend également entonner une chanson soviétique de 1939 intitulée Les trois tankistes
ou encore porter un casque similaire à celui d’un conducteur de tank.
Le studio russe Animaccord rejette catégoriquement les accusations. LCI s’est en revanche procuré un cliché datant de 2017. On y voit son directeur reçu par Vladimir Poutine lui-même. Cette rencontre a eu lieu en compagnie d’autres représentants des plus grands studios d’animation russes.