La République démocratique du Congo (RDC) n’a pas lésiné sur les moyens pour sa participation à la conférence « Mining Indaba », grand-messe africaine du secteur, qui s’est tenue du 9 au 12 février au Cap, en Afrique du Sud. Imposant, étendu, le stand d’exposition de sa société minière publique, la Gécamines, affichait un blanc chic et immaculé. Trois jours durant, une myriade de tailleurs et de costumes sombres s’y sont affairés. « Oui, nous avons mis le paquet », souriait un délégué, interrogé sur tout ce faste.
Malgré l’extrême richesse de son sous-sol (1er producteur de cobalt et 2e de cuivre au monde, sans parler du lithium, de l’or, du zinc ou du coltan), la RDC figure parmi les 15 pays les plus pauvres au monde. Son secteur minier souffre de l’importante corruption qui y sévit, des polémiques sur les conditions de travail de ses employés, difficiles et précaires, et du manque de gouvernance, alors que les exploitations artisanales illégales sillonnent ce géant d’Afrique centrale depuis plus de trente ans.
Mais c’est la guerre à l’est du pays, où le Mouvement du 23 mars (M23), un groupe armé soutenu par le Rwanda, a pris possession des larges territoires riches en coltan, qui a poussé les autorités congolaises à appeler les Etats-Unis à l’aide, dans une lettre aux accents désespérés, transmise fin février 2025. La RDC leur propose un accès plus facile à ses minerais en échange du soutien sécuritaire américain.
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