Gustave Eiffel avait décidé d’orner le premier étage de sa tour érigée en 1889 d’une frise comportant en lettre d’or « les noms des plus grands savants qui ont honoré la France depuis 1789 jusqu’à nos jours ». C’était une autre époque : pas une seule femme ne figure parmi ces 72 patronymes choisis par ses soins. Pas même celui de Sophie Germain (1776-1831), pourtant lauréate en 1815 du Grand Prix des sciences mathématiques remis par l’Académie des sciences.
Ces scientifiques du XIXe siècle devraient être rejoints, en 2027, par 72 consœurs. Sous réserve des autorisations et procédures complexes concernant la modification d’un monument historique, leurs noms seront gravés également sous le premier étage, dans la même forme que ceux existant.
Une fois le principe validé par la maire de Paris, Anne Hidalgo – la Ville étant propriétaire du monument –, il a fallu arrêter la liste des noms. Une commission a été réunie en 2025 autour d’Isabelle Vauglin, vice-présidente de l’association Femmes & Sciences, et de Jean-François Martins, président de la Société d’exploitation de la tour Eiffel. L’association qui travaille à mettre en valeur des femmes scientifiques encore trop méconnues soutenait ce projet depuis 2021. Elle a sollicité de nombreux instituts de recherche et sociétés savantes pour recueillir leurs propositions.
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