On avait laissé Abou Sangare, il y a deux ans, expliquant : « Refaire du cinéma ? Si ça se présente, pourquoi pas ? Mais moi, ce que j’aime, ce que je sais faire, c’est la mécanique… » C’était juste avant qu’il ne reçoive le prix d’interprétation masculine à Cannes pour L’Histoire de Souleymane, de Boris Lojkine ; avant qu’il ne rafle le César du meilleur espoir masculin, en 2025 – quelque 600 000 spectateurs plus loin – ; et bien avant qu’il n’obtienne, lui, le Guinéen sans papiers frappé d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF), un permis de séjour en bonne et due forme.
On le retrouve aujourd’hui à Colombes (Hauts-de-Seine), en banlieue parisienne, le long de l’autoroute A86 qui entoure la capitale, s’activant sous un soleil blafard sur les tractopelles, chariots élévateurs, nacelles et autres engins de chantier que son employeur, Loxam, loue. Le gamin d’hier est devenu un jeune homme décidé, avec toujours dans le regard cette même sincérité tour à tour joyeuse ou grave qui faisait tout le charme de son personnage, Souleymane, le livreur de repas à bicyclette du film.
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