L’Afghanistan a lancé des « attaques massives » contre les forces pakistanaises, en représailles à de récents bombardements, a annoncé, jeudi 26 février, un porte-parole de l’armée afghane dans l’est du pays. « Pour riposter aux frappes aériennes pakistanaises dans les provinces de Nangarhar et de Paktia (…), nos forces ont lancé des attaques massives contre des avant-postes pakistanais », a affirmé Wahidullah Mohammadi.
Les autorités talibanes ont affirmé que l’armée s’est emparée de 15 « avant-postes » militaires pakistanais. « Des offensives d’envergure ont été lancées en représailles contre l’ennemi », a déclaré Hamdullah Fitrat, le porte-parole adjoint du gouvernement afghan. « Plusieurs soldats [pakistanais] ont été tués et un certain nombre ont été fait prisonniers », a ajouté sur X le porte-parole des autorités talibanes, Zabihullah Mujahid.
Les forces afghanes « ont ouvert le feu unilatéralement sur plusieurs positions », le long de la frontière avec la province pakistanaise de Khyber Pakhtunkhwa, a écrit sur X le ministre de l’information pakistanais, ajoutant que son pays avait déclenché « une riposte immédiate ».
Ces attaques surviennent quelques jours après des échanges de tirs entre forces afghanes et pakistanaises, chaque camp en rejetant la responsabilité sur l’autre.
Relations tendues
Une série d’attaques menée par des groupes armés dans le nord-ouest du Pakistan a fait 19 morts, policiers et civils, ces deux derniers jours, a rapporté jeudi un responsable de la police à l’Agence France-Presse (AFP). La plupart de ces attaques ont été revendiquées par les talibans pakistanais du Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP), qui ont intensifié leurs attaques au Pakistan depuis le retour au pouvoir des talibans afghans à Kaboul, en 2021.
Islamabad accuse le gouvernement taliban afghan de ne pas réussir à maîtriser les groupes armés qui, selon lui, utilisent le sol afghan pour planifier et lancer des attaques au Pakistan, une accusation que Kaboul dément fermement.
La violence a explosé ces derniers mois au Khyber Pakhtunkhwa et dans la province voisine du Baloutchistan, où les forces de sécurité sont fréquemment la cible de bombes placées le long des routes, d’embuscades et de raids.
L’armée pakistanaise a lancé à plusieurs reprises des frappes contre ce qu’elle présente comme des repaires de combattants de l’autre côté de la frontière, après une série d’attentats-suicides meurtriers, alimentant les tensions diplomatiques avec Kaboul.






