Aride, tropical, équatorial, exceptionnellement tempéré… Le climat, en Afrique, n’est pas vraiment propice aux sports d’hiver. Le continent manque de neige, de glace, mais aussi d’infrastructures et, donc, d’athlètes à envoyer à la grande fête hivernale qui se tient tous les quatre ans depuis 1924. Aux Jeux olympiques (JO) de Milan-Cortina d’Ampezzo, en Italie, du 6 au 22 février, ils sont quinze à représenter l’Afrique, sur les quelque 2 900 en lice. Soit à peine 0,5 %.
Avec huit nations engagées – dont l’Afrique du Sud, le Maroc, le Bénin, l’Erythrée ou le Nigeria –, l’Afrique égale le record de l’édition sud-coréenne à Pyeongchang, en 2018, et ses sportifs forment le deuxième contingent africain de l’histoire des JO d’hiver, après Albertville (Savoie) en 1992 (19 participants). Cette « participation est plutôt symbolique, admet l’Algérien Mustapha Berraf, président de l’Association des comités nationaux olympiques d’Afrique. Elle rejoint la maxime de Pierre de Coubertin : “Le plus important aux Jeux olympiques n’est pas de gagner, mais de participer” ».
Depuis les Jeux d’hiver de 1960 à Squaw Valley (Etats-Unis) – première apparition d’un skieur du continent –, moins d’une centaine d’athlètes africains, issus de 17 pays seulement, sur 54 Etats, ont pris part à la compétition hivernale. Si cette absence s’explique aisément, elle pose néanmoins la question des limites de l’universalisme promu par le Comité international olympique (CIO). « Le mouvement olympique met en avant son pouvoir d’unir le monde. Or, les JO d’hiver ne sont pas des Jeux équitablement accessibles, ils sont réservés à une petite partie de l’Occident enneigée et à une élite sociale », souligne Michaël Attali, historien du sport à l’université Rennes-II.
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