Dans un pavillon de banlieue, le jeune Vincent (Fabrice Luchini) doit dorloter son père, à la fois autoritaire et geignard, capricieux (Michel Bouquet, comme toujours immense dans le rance, la transpiration qui macère). La copine de Vincent (Virginie Thévenet) a beau l’exhorter à larguer papa et à s’installer dans un studio à Paris, il ne parvient pas à se détacher.
Papa a ses raisons, n’est-ce pas : il est devenu quasiment aveugle. Autrefois sculpteur respecté, il subsiste en vendant des décorations de jardin, des statues en plâtre, une Antiquité de pacotille. Il traîne en pyjama et robe de chambre, mange du jambon blafard avec les doigts, ne rigole pas sur l’apéritif.
Vincent fait le dos rond. Ah mais tiens, papa voit peut-être toujours très bien. Papa accueille en douce, la nuit venue, une femme aux épaulettes dominatrices (Bernadette Lafont) ou un vieil Allemand, avec qui il échange des bouffées de souvenirs, sur un mode crypté. Ah mais tiens, les petites voisines font découvrir à Vincent, mi-amusées mi-terrifiées, qu’une figure masquée vient rôder aux abords de leur jardin, en arborant une sorte de coiffe africaine – l’un des colifichets qui traînent chez papa.
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