Le consulat de Chine à Strasbourg a demandé la déprogrammation d’une pièce de théâtre consacrée à Taïwan dans la capitale alsacienne, a déclaré, mardi 3 mars, à l’Agence France-Presse (AFP) la maire écologiste Jeanne Barseghian, qui a dénoncé une intervention « extrêmement grave ».
Le Maillon, théâtre de la ville de Strasbourg, présente de jeudi à samedi la pièce Ceci n’est pas une ambassade (Made in Taïwan), du metteur en scène suisse Stefan Kaegi. La pièce se veut « une ambassade théâtrale » pour l’île privée de représentation diplomatique dans la plupart des pays du monde et gouvernée séparément de la Chine continentale depuis 1949.
Confirmant une information du site Rue89 Strasbourg, la maire de la ville a affirmé avoir reçu une lettre du consulat de Chine « demandant la déprogrammation de la pièce au motif que ça pose un problème dans l’établissement des relations diplomatiques entre la Chine et la France ».
La mairie soutient les équipes du théâtre
Mme Barseghian a précisé avoir répondu dans la journée au consulat « en rappelant la loi française », à savoir que « tout simplement, la liberté de création et artistique est protégée en France ».
« Ça doit vraiment nous inquiéter », a ajouté la maire, qui a déclaré avoir exprimé son « soutien aux équipes du Maillon » et s’être rapprochée de la direction régionale des affaires culturelles (DRAC), elle-même en lien avec le ministère de la culture, « parce que c’est extrêmement grave [dans un contexte] d’attaques répétées et rapprochées contre la liberté de création ».
Sollicité, le consulat de Chine à Strasbourg n’a pas répondu dans l’immédiat aux questions de l’AFP.
La Chine communiste, qui considère Taïwan comme une de ses provinces et n’exclut pas d’y établir sa souveraineté par la force, n’admet aucune relation diplomatique entre l’île et des pays étrangers. En établissant des relations diplomatiques avec Pékin en 1964, Paris avait dû rompre au préalable avec Taipei, qui n’est plus reconnu que par une poignée d’Etats, dont le Vatican.












