- Vivre ensemble est une étape clé dans un couple, nécessitant une envie partagée et un bon timing.
- Apprendre à connaître les habitudes et les rythmes de l’autre est essentiel pour éviter les conflits.
- Les coachs conseillent des séjours à deux pour tester la cohabitation avant de s’engager.
Après avoir rencontré la personne qui fait battre la chamade à votre cœur, vous avez peut-être envie de vous engager, d’aller plus loin et pourquoi pas d’emménager ensemble. Vivre sous le même toit que son ou sa partenaire est une étape délicate puisqu’il s’agit de partager un espace à deux. Il est nécessaire de se demander si c’est le bon moment et surtout si l’envie est partagée par les deux partenaires.
En la matière, il n’y a pas vraiment de règle avant d’installer les valises chez l’autre et déposer pyjama en pilou-pilou et brosse à dents. Certains couples emménagent très rapidement sous le même toit, d’autres préfèrent attendre des années. « Un emménagement rapide peut être sain s’il est choisi, parlé, réaliste, et si chacun garde sa lucidité
« , concède la thérapeute Anissa Ali, interrogée par TF1info. Elle précise : « Mais il peut être risqué quand il est porté par l’intensité, l’urgence, la nécessité de prouver quelque chose, de colmater quelque chose, la dépendance affective ou la contrainte matérielle
« .
Un impératif : comment fonctionne le couple « hors lune de miel »
Néanmoins, il est tout de même préférable d’apprendre à bien connaître le ou la partenaire avant : les qualités et les défauts (vous êtes maniaque, lui ou elle, bordélique ?), les habitudes et rythmes de vie (vous dormez à 22h, il ou elle dort à 3 heures du matin ?), histoire de ne pas transformer la vie à deux en véritable enfer. En effet, pour la thérapeute Anissa Ali, la vraie question à se poser est « Est-ce qu’on s’est déjà vus/connu dans le réel ? Est-ce qu’on a traversé ensemble de la fatigue, une contrariété, un désaccord, un week-end raté, une frustration sexuelle, une tension financière, un imprévu, une maladie, une période compliquée ensemble ? Parce qu’emménager ensemble, ce n’est pas vivre un ‘date’ permanent, c’est vivre avec l’autre quand il n’est plus en représentation
« . Pour elle, l’important est d’observer « comment le couple fonctionne, comment il se régule et évolue hors lune de miel
« .
Les coachs recommandent, par exemple, de commencer par passer des week-ends ensemble, partir en vacances. Les séjours (courts ou longs) font toujours office de crash-test pour les partenaires qui apprennent à découvrir l’autre sous un nouvel angle, celui de la cohabitation. Qui s’occupe des tâches ménagères et domestiques ? Est-ce que l’autre ronfle ? « Mais il faut être honnête : un test ne doit pas devenir une installation clandestine,
tempère la thérapeute. Beaucoup de couples ‘testent’ puis, sans décision, sans conversation, sans cadre, finissent par vivre ensemble par glissement
« . Pour elle, le bon test reste
« une durée, un cadre, puis une vraie discussion
« . Certains marqueurs permettent en effet de se dire que le timing est le bon. « On sait parler d’argent sans malaise excessif, on sait gérer un désaccord sans menace de rupture, on respecte les besoins de solitude/d’espace de l’autre, on a déjà observé ses habitudes de vie, et surtout on ne voit pas l’emménagement comme une preuve d’amour mais comme une décision d’organisation commune
« .
Les reds flags et les mauvaises raisons
Autre critère à prendre en compte : les raisons qui poussent les partenaires à vivre sous le même toit. S’il s’agit d’une véritable envie de vie commune, partagée avec enthousiasme, dans l’optique de mener des projets, pas de problème. En revanche, est-ce que c’est pour des raisons de praticité ? Financière ? Là, la vigilance est de mise. « Emménager parce que « ça coûte moins cher », parce que « je dors déjà tout le temps chez lui », parce que « ça va sauver le couple », parce que « je veux qu’il s’engage », parce que « j’ai peur qu’il m’échappe », parce que « tout le monde le fait », parce que « c’est l’âge », ce sont de mauvaises bases
« , pour Anissa Ali. Mais la pire raison, selon elle, c’est « emménager pour espérer obtenir une sécurité affective que la relation ne donne pas encore
« . Par ailleurs, certains couples glissent rapidement du « je » au « nous », mais si « l’un des deux disparaît ou se suradapte dans le couple, abandonne ses rythmes, ses amis, son espace, son sommeil, son équilibre financier ou ses besoins pour « faire marcher l’histoire », ce n’est pas de l’amour mature. C’est souvent une dette affective qui commence ou se creuse
« . L’emménagement à deux est risqué dans ces cas-là.
La thérapeute conseille aux partenaires de communiquer et d’avoir des conversations franches sur les questions importantes : l’argent (qui paie quoi ? que faire des dépenses communes, si l’un gagne beaucoup plus que l’autre), l’organisation domestique (ménage, courses, repas, linge…) et l’espace personnel. « Beaucoup de couples explosent non pas parce qu’ils ne s’aiment pas, mais parce qu’ils ne savent pas respirer ensemble
« , indique Anissa Ali. Enfin, la plus importante : pourquoi on emménage ensemble ? « Il n’y a pas de mauvaise réponse si elle est honnête. Le danger, c’est quand chacun met un sens différent (et non verbalisé) sur la même décision
« , conclut la thérapeute.









