Le désastre était annoncé. Son ampleur exacte est désormais connue. En 2024, l’Etat, les collectivités locales et la Sécurité sociale ont dépensé 169,6 milliards d’euros de plus que le total de leurs recettes, a annoncé l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), jeudi 27 mars. Il s’agit du déficit public le plus massif depuis la guerre en valeur absolue, à l’exception de celui de l’année 2020, au pic de la pandémie de Covid-19.
Rapporté au produit intérieur brut (PIB), le déficit de la France a atteint 5,8 % en 2024, contre 5,4 % l’année précédente. Du jamais-vu hors crise, là encore. C’est cependant un peu moins que les 6,1 % un temps redoutés, ce qui allège d’autant l’effort nécessaire pour redescendre à 5,4 % du PIB en 2025, l’objectif central du premier ministre, François Bayrou.
Ce déficit exceptionnellement élevé marque un double échec. Quatre ans après leur mise à l’arrêt à cause d’un virus ravageur, tous les pays d’Europe ou presque ont repris le contrôle de leurs finances, et réduit les déficits qui avaient filé. En France, c’est l’inverse. Surtout, ce déficit de 5,8 % du PIB n’a rien à voir avec les 4,4 % visés initialement.
Il vous reste 62.72% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.