- The Villages est une ville à part : elle est interdite aux moins de 55 ans.
- Un ghetto de séniors blancs pour la plupart, qui admirent Donald Trump.
- Le 20H de TF1 vous emmène à la rencontre de ses habitants.
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Le second mandat de Donald Trump
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C’est un décor des années 80 qu’on croirait irréel. Dans les rues, des haut-parleurs diffusent une musique vintage. Les trottoirs sont d’une propreté impeccable, et les façades rappellent « l’Amérique glorieuse ». Nous sommes à The Villages, en Floride, surnommé « le Disneyland des personnes âgées ». La moyenne d’âge y est de 74 ans, presque tout le monde est républicain, et Donald Trump y est très populaire.
Dans le reportage visible en tête de cet article, le 20H de TF1 a rencontré Stanley Swies. Il vit à The Villages depuis très longtemps. Son maître à penser : Donald Trump. « Je regarde tout le temps la chaîne (conservatrice) Newsmax. Les autres télés, elles ne montrent que ce qui arrange les démocrates »
, affirme-t-il. Le président américain est venu plusieurs fois : à chaque occasion, il a été accueilli en rock star.
Des logements réservés aux plus de 55 ans
Dans cette ville de plus de 100.000 habitants, les logements sont réservés aux plus de 55 ans. Les enfants et petits-enfants y ont le droit de visite, mais pas vraiment celui de s’installer. De toutes les villes américaines, c’est celle dont la population augmente le plus vite. « Des études montrent que les habitants de The Villages vivent cinq ans de plus que partout ailleurs en Floride »
, raconte Stanley Swies. L’une des raisons de cet engouement, c’est l’insécurité, thème de prédilection du locataire de la Maison Blanche.
« Je suis une femme seule, je peux sortir ici tous les soirs sans aucun souci. Je ne me sens jamais menacée, les équipes du shérif local quadrillent en permanence cette ville. Et dans le quartier où je vis, autour de ma maison, il y a des habitants qui organisent des
patrouilles
. Ils vérifient que tout se passe bien »
, décrit Debbie, une ancienne travailleuse sociale en Californie. À The Villages, les habitants ont un bon pouvoir d’achat, mais la mixité sociale est inexistante, avec 95% de personnes blanches.
Je voudrais que les gens se recentrent sur Dieu
Je voudrais que les gens se recentrent sur Dieu
Fred, habitant de The Villages
Dans l’Amérique de Trump, les services de santé sont souvent défaillants. Ici c’est le contraire : l’offre de soins est fournie, mais elle coûte très cher. La plupart des salariés qui travaillent à The Villages n’ont pas les moyens d’y vivre. Le soir, ils rentrent dans des campings aux abords de la ville, où les conditions de vie sont beaucoup plus modestes, et contrastent avec The Villages, où les habitants se déplacent en voiturettes de golf, que l’on croise à tous les coins de rue.
Politiquement, les espérances des habitants semblent épouser le discours de la mouvance MAGA (« Make America Great Again »). « Ce n’est pas politiquement correct comme réponse pour vous »
, raconte Fred, un vétéran de l’armée. « Je voudrais que les gens se recentrent sur Dieu. Il faut qu’on revienne aux fondamentaux de ce qui nous anime. Si on ne fait pas ça, tout le monde s’agite avec ses propres certitudes et on finit par suivre des leaders qui ne parlent qu’à leur public et à la fin ça devient le chaos. »
Dans la même veine, les associations politiques ne sont pas toutes mixtes, comme l’explique cette femme membre d’un groupe non-mixte : « On accepte les hommes dans notre groupe, mais comme invités seulement car nous sommes un groupe de femmes républicaines. »
Cette communauté raconte à sa manière une bulle, une société fantasmée dans l’Amérique de Trump.
Louan DENIEL | Reportage TF1 : François-Xavier MÉNAGE et David PIRES