Cela n’a rien d’une élection, ce n’est qu’une preuve de vie. Mais le Hamas s’est résolu à démontrer aux Palestiniens qu’il bouge encore, en dépit des lourdes pertes infligées par l’armée israélienne au cours de la guerre déclenchée en représailles aux massacres du 7 octobre 2023. Il a entrepris depuis décembre de désigner un nouveau chef − un message qu’il adresse aussi à ses propres cadres déboussolés, comme à ses interlocuteurs au Proche-Orient et à Washington. L’élu aura la tâche écrasante de succéder à Yahya Sinouar, l’ordonnateur de l’attaque terroriste du 7-Octobre, tué par une frappe israélienne, le 16 octobre 2024, à Rafah.
Dans cette organisation qui prétend à la collégialité, le successeur n’aura d’autre choix que d’assumer l’héritage de Sinouar, pourtant controversé au sein même du Hamas. Il devra résorber en coulisse les profondes divisions du mouvement islamiste, puis tâcher de le faire survivre. Voilà quinze mois qu’un aréopage de cinq cadres en exil en Turquie et au Qatar assume la direction par intérim, suivant la volonté de Sinouar, ayant pris soin lui-même de régler sa succession avant sa mort. « Aujourd’hui, personne ne sait qui est le patron. Ils ont besoin de montrer qu’ils sont encore maîtres de leur destin, même si ce n’est plus le cas », explique le journaliste palestinien Mohammed Daraghmeh, à Ramallah.
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