Il est sur tous les fronts. Tressé dans les couronnes des demoiselles d’honneur, piqué aux boutonnières, présent dans une installation le temps d’une réception, dressé au milieu du buffet de petits fours, « le lisianthus fait preuve d’une grande polyvalence », loue Marie Saulnier, fleuriste et fondatrice du studio floral Atelier Aimer, à Nantes, qui dit avoir pourtant mis du temps à l’apprécier. A ses débuts, elle trouvait sa tige « trop rigide » et ses boutons, qui ne s’ouvrent jamais une fois cueillis, « pas très intéressants ».
Aujourd’hui, la fleuriste nantaise l’utilise tout le temps. Avec des renoncules, des tournesols, des hortensias, des mufliers. En le mêlant avec du rose, de l’orange, du bleu. « C’est comme un coup de baguette magique, s’étonne-t-elle toujours. Il apporte de la rondeur, de la douceur lorsque le bouquet semble un peu figé et manque de cohérence. » Les tiges ramifiées supportent en général des fleurs à différents stades de leur épanouissement, jouent avec les rythmes, brouillent les comptes. La légèreté de ses pétales arrondit ceux, plus aigus ou plus épais, des fleurs voisines, leurs nuances se chargent de faire le lien entre le jaune d’or de l’une et le rouge pivoine d’une autre.
Les lisianthus estompent les frontières, fondent les couleurs les unes aux autres « comme sur la palette d’un peintre », continue Marie Saulnier en évoquant leur teint de pêche, d’abricot, qui passe partout, mais aussi leurs bruns, leurs cuivres, qui font vibrer les bouquets d’automne. « Il crée des transitions », explique la fleuriste en reconnaissant qu’elle commence toujours par le malmener un peu.
« D’abord, j’enlève les feuilles, ensuite j’ôte les boutons, car ils risquent de brouiller le message et ils fragilisent la tige. » Puis elle écarte délicatement les pétales pour les rendre plus bouffants, leur donner plus de volume et d’impact. Elle ajoute que seuls, « avec leur bonne longueur de tige », les lisianthus fonctionnent aussi très bien « en overdose ». Emmanuel Destanne De Bernis, maraîcher et producteur en bio de fleurs coupées dans le Lot-et-Garonne, confirme : « Comme il faut le cueillir une fois épanoui, on travaille dans des serres toutes fleuries. » C’est rare et « c’est un vrai plaisir ».
Nom savant « Eustoma grandiflorum » ou « Lisianthus russelianus ».
Zone de prédilection Les sols sous abri et vierges de toute culture précédente.
Floraison De juillet à septembre en plein champ.
Entretien Tuteurer les plants.
Aime Les grosses chaleurs.
N’aime pas La pluie, le vent et les thrips.
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