Combatif et valeureux, Lille a inversé, jeudi 26 février, le cours de sa double confrontation contre l’Etoile rouge de Belgrade en prolongation (2-0) pour se qualifier en huitième de finale de la Ligue Europa dans la capitale serbe.
A l’échelle du LOSC en 2026, c’est un petit exploit : enfoncé dans la crise depuis le début d’année, le club nordiste a peut-être trouvé la sortie du tunnel en obtenant le succès par deux buts d’écart qu’il lui fallait après sa contre-performance (1-0) au stade Pierre-Mauroy la semaine dernière. Nul ne sait si ce succès en Serbie marquera le renouveau des Dogues, mais il a valeur de référence dans la solidité, les ressources mentales et la qualité technique en attaque dont ils ont fait preuve.
Pour les guider là où ils avaient échoué en novembre, quand ils étaient tombés au stade Rajko-Mitic (1-0) lors de la phase de groupe, il fallait des tauliers : Benjamin André (35 ans) et Olivier Giroud (39 ans) ont répondu présent. Le capitaine nordiste a centré vers le meilleur buteur de l’histoire des Bleus (57 buts en 137 sélections), qui a dominé son vis-à-vis Rodrigao de la tête (5e) pour remettre les compteurs à zéro, d’entrée.
« Cela aurait pu être mon dernier match de coupe d’Europe », a déclaré Olivier Giroud, « On a montré une grosse solidarité, un bel état d’esprit et l’aventure continue. Ce n’est que du bonheur. » En huitième de finale, un défi d’une autre envergure les attendra contre Lyon ou Aston Villa. Le tirage au sort aura lieu vendredi.
« On peut espérer de belles choses »
Tout au long du match, ces deux modèles de longévité ont donné le ton, omniprésents dans les duels, la pression, les courses dans le vide pour donner de l’espace à leurs coéquipiers. Ce but inscrit très tôt dans le match a bien lancé toute l’équipe lilloise, qui a dominé la première période, obtenant une autre occasion par Olivier Giroud (40e), puis deux par le supersonique mais toujours maladroit Matias Fernandez-Pardo (42e, 44e).
Derrière, le gardien, Berke Ozer, a failli faire tomber ce beau château de cartes bâti par ses coéquipiers en manquant une relance (33e) après avoir déjà pris des risques quelques minutes plus tôt. La plus grande occasion des joueurs de Dejan Stankovic, qui ont ensuite poussé en deuxième période, profitant d’une baisse de régime lilloise, mais n’ont jamais été suffisamment adroits pour valider une qualification qui leur tendait les bras à l’origine.
Durant la première prolongation, Lille a su écrire à l’encre indélébile son succès grâce à Nathan Ngoy (99e), bien servi par Félix Correia après un débordement de Matias Fernandez-Pardo. A peine entré au poste inhabituel de latéral droit, Ngoy a symbolisé les bons choix de Bruno Genesio, qui avait décidé, au coup d’envoi, de replacer Ayyoub Bouaddi au milieu de terrain, où il a rayonné aux côtés de Benjamin André.
Ses joueurs ont ensuite tenu, aidés par la maladresse de leurs adversaires, en particulier Marko Arnautovic, qui a eu les deux ballons les plus chauds (107e, 117e) sans pouvoir les concrétiser en buts. Le signe, peut-être, que Lille a retrouvé sa bonne étoile.
« Ce qui a changé, ce sont les deux choses qui n’avaient pas fonctionné à l’aller : tactiquement, on était beaucoup mieux ce soir. A l’aller, c’était ma responsabilité, je n’avais pas été bon. La deuxième, c’est qu’on avait grandement manqué d’engagement. Ce soir, on a retrouvé nos valeurs dans ce domaine », a déclaré Bruno Genesio, « si on affiche ce visage régulièrement, on peut espérer de belles choses ».










