- Deux versions s’opposent après l’explosion d’une grenade assourdissante à Lens, qui a arraché sa main gauche à un lycéen.
- L’avocate du jeune homme conteste fermement l’hypothèse selon laquelle il aurait ramassé ce projectile, comme l’avance le parquet.
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Lycées, facs… le mouvement de contestation prend de l’ampleur
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Que s’est-il réellement passé à Lens le 5 octobre dernier ? S’appuyant sur les premiers éléments de l’enquête confiée à l’IGPN, le procureur de la République de Béthune, Étienne Thieffry, a estimé vendredi 9 octobre que le tir de la grenade policière, qui a coûté sa main à un lycéen, s’est fait « conformément au mode opératoire »
prescrit par la réglementation. « L’ensemble des témoignages (…) à l’exception d’un seul convergent sur le fait que la grenade a été tirée à longue distance (80 mètres) »
, qu’elle « a atterri au sol »
, avant que l’un des manifestants « ne s’en empare jusqu’à ce qu’elle explose »
, a assuré le magistrat. Ce dernier a toutefois précisé qu’il « n’existe pas de vidéo à disposition des enquêteurs permettant de visualiser l’explosion de la grenade »
.
Aucune opération de maintien de l’ordre ne saurait justifier qu’un adolescent perde une main
Aucune opération de maintien de l’ordre ne saurait justifier qu’un adolescent perde une main
Me Christine Bouquet-Wattez
De son côté, la victime « conteste formellement la version des faits retenue par le parquet »
, indique samedi 10 octobre son avocate Me Christine Bouquet-Wattez. « Sa famille s’étonne de voir la version policière déjà soutenue par le procureur, alors même qu’Evan n’a pas encore été entendu par la police, qu’aucune image directe des faits n’est disponible et que les témoignages recueillis présentent des divergences »
, ajoute-t-elle. « Il faut rappeler l’évidence »
: l’adolescent, dont la main gauche a été arrachée par l’explosion d’une grenade assourdissante, « est la victime »
, souligne-t-elle. « Aucune opération de maintien de l’ordre ne saurait justifier qu’un adolescent perde une main »
, martèle l’avocate, qui déplore que l’on fasse « peser sur Evan la responsabilité de sa propre mutilation »
.
Pour rappel, les faits sont survenus le 5 octobre dernier. Un jeune homme a vu l’explosion d’une grenade assourdissante lancée par les forces de l’ordre lui arracher sa main gauche. L’enquête, qui tente notamment de déterminer si le lycéen a ramassé la grenade ou si elle a atterri sur lui, se poursuit. En attendant, la mère de l’adolescent a déposé plainte « pour les blessures subies par son fils »
.
Cette affaire a conduit le gouvernement à suspendre l’usage des grenades assourdissantes face à la mobilisation lycéenne, du moins tant que ses circonstances n’auront pas été éclaircies.