Les constructeurs de berlines allemandes auront donc eu gain de cause, au moins en apparence : fin décembre 2025, le moteur thermique a bénéficié d’un sursis auprès de la Commission européenne. La limite de 2035, qui devait voir la fin définitive des immatriculations de voitures thermiques neuves, a sauté. Ceux qui veulent continuer à construire des véhicules conventionnels après cette date le pourront, à certaines conditions (utilisation d’acier décarboné et de carburants neutres en CO₂). Cette victoire symbolique est le fruit d’un long travail de lobby et le reflet d’une réalité : même s’ils se sont engagés sur la voie de la voiture électrique, les constructeurs allemands ne parviennent pas à abandonner le thermique, en dépit de la force de leurs marques.
Porsche, constructeur longtemps extrêmement rentable, aujourd’hui en crise, est sans doute le plus emblématique du dilemme des constructeurs allemands. Il suffit pour s’en convaincre d’écouter un inconditionnel des bolides de Stuttgart : « J’ai possédé 50 Porsche dans ma vie. Jamais je ne mettrai 200 000 euros dans une voiture sur batterie qui me fait l’effet d’un iPad sur roues. Autant acheter directement un modèle chinois, moins cher, où même l’accélération est numérique !, assène un ancien dirigeant d’une importante entreprise d’informatique. Une berline allemande, c’est la transmission, la sécurité, la puissance, mais ce sont aussi des clients, des ouvriers, une culture. »
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