Le Printemps des arts de Monte-Carlo, qui a lieu jusqu’au 19 avril, est placé cette année sous l’égide des « Utopies ». Que Bruno Mantovani, le directeur artistique du festival, ait fait de ce concept l’emblème d’une programmation multipolaire n’a rien de surprenant, quand on pense aux défis relevés par le compositeur de 51 ans dans la plupart de ses œuvres. Jusqu’où peut-on aller dans la performance technique et dans l’exploration esthétique ? Telle est la question que se sont posée, comme Mantovani, les compositeurs à l’affiche de deux temps forts du premier week-end.
Samedi 14 mars, la salle du One Monte-Carlo a servi d’écrin à un « concert aux bougies », comme il s’en tenait jusqu’à l’invention de l’électricité. Sur le bord de la scène sont alignées près de 200 chandelles ; au centre, un piano à queue attend son heure et, surtout, son homme.
Jean-Frédéric Neuburger s’y attelle bientôt pour interpréter la célèbre Chaconne en ré mineur de Jean-Sébastien Bach, extraite de la Partita n° 2 pour… violon. L’utopie figure ici à deux niveaux. D’abord, celui, originel, d’une page aux allures de folle excroissance (série de variations sur un thème au potentiel infini) dont la durée (une vingtaine de minutes) est au moins égale à celle du cumul des quatre pièces qui la précèdent dans la Partita. Ensuite, celui, investi par Johannes Brahms, qui aspire à rendre sensible au piano le caractère transcendantal d’un périple spécifiquement lié au violon. Et ce, en ne jouant que de la main gauche.
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