Pendant trois jours, à compter de lundi 9 février, le tribunal judiciaire de Paris va revenir au 1er décembre 2018, afin de juger neuf CRS pour des violences commises sur des « gilets jaunes » dans un Burger King, à proximité de l’Arc de triomphe à Paris. La scène, immortalisée par plusieurs caméras, avait pris place à l’issue d’une journée exceptionnelle : encore mal à l’aise avec le jeune mouvement des « gilets jaunes », les autorités s’étaient fait totalement dépasser lors de leur troisième rassemblement.
Dès le petit matin, ce jour-là, des affrontements éclatent à proximité de la place de l’Etoile, peu protégée – le gros des forces de l’ordre étant fixées sur les Champs-Elysées et à proximité du palais présidentiel. Pendant douze longues heures, policiers et gendarmes sont acculés, entre des affrontements, de multiples départs d’incendies, des saccages. Des milliers de grenades sont utilisées, des centaines de véhicules incendiés. La stratégie et la conduite des opérations de la préfecture de police de Paris seront âprement critiquées, y compris en interne.
Les premières images des violences commises dans le Burger King sont publiées trois jours après les faits. Des personnes vêtues de gilets jaunes, qui ne témoignent d’aucun comportement agressif, sont frappées, parfois au sol, et poussées vers la sortie, où une haie d’honneur de fonctionnaires les accablent de coups supplémentaires, visiblement gratuits. Le parquet de Paris ouvre une enquête le 5 décembre 2018, confiée à la délégation parisienne de l’inspection générale de la police nationale (IGPN).
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