Dans la déferlante de mauvaises nouvelles, l’information a pu passer inaperçue. Le 7 janvier, le président des Etats-Unis, Donald Trump, a, par décret, retiré son pays de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), au nom de la défense de « la souveraineté », des « libertés » et de « la prospérité générale » des Etats-Unis.
Ces deux instances jouent un rôle-clé dans la lutte contre le réchauffement climatique, dont le président milliardaire des Etats-Unis nie la réalité et se moque régulièrement. La CCNUCC sert depuis 1992 de plateforme multilatérale pour définir l’action collective sur le climat. Le GIEC, créé en 1988, est chargé d’évaluer l’état des connaissances scientifiques sur le réchauffement, et les solutions pour y faire face.
Cette nouvelle étape s’inscrit dans la logique de la sortie des Etats-Unis de l’accord de Paris et reflète le mépris du président américain à l’égard du droit international, de la science et des institutions que nous avions, peut-être un peu naïvement, tenues pour acquises. Si quitter le GIEC est relativement aisé puisqu’il suffit de cesser de participer à ses travaux, des juristes s’interrogent sur la compétence juridique du président américain à retirer son pays de la CCNUCC, la convention-cadre ayant été initialement ratifiée par le Congrès. Ils questionnent également les conditions qui seraient requises pour que les Etats-Unis puissent, le cas échéant, réintégrer cette institution. Après tout, ils s’étaient déjà retirés de l’accord de Paris lors du premier mandat de Donald Trump (2017-2021), avant que Joe Biden n’annule cette décision en 2021.
Cette fois-ci, la situation apparaît toutefois plus complexe. Les Etats-Unis ont de facto cessé de participer aux institutions climatiques – Conférences des parties (COP) de la CCNUCC et travaux du GIEC – avant même l’annonce formelle de leur retrait, et ne contribuent plus à leur financement. Une cinquantaine de chercheurs et de chercheuses américains ou travaillant aux Etats-Unis continuent néanmoins de participer, par le biais d’une alliance d’institutions académiques, à la rédaction du septième rapport d’évaluation du GIEC, lancée à Paris en décembre 2025.
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