- La croix verte de la pharmacie, la carotte rouge du buraliste, la lanterne du barbier…
- Ces symboles sont identifié par tous, mais sait-on toujours d’où ils proviennent ?
- Une équipe de TF1 a mené l’enquête.
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Le 13H
Qu’ils clignotent ou non, ces symboles sont bien ancrés dans notre quotidien, et nous permettent d’identifier instantanément certains commerces. Mais vous êtes-vous déjà demandé d’où viennent les croix vertes des officines, les carottes des buralistes, ou les « bâtons de barbier » ? Le reportage du JT de TF1 visible ci-dessus apporte des éléments de réponse.
« On était surtout chirurgiens »
C’est le plus ancien des trois, et pourtant il passe en France pour être le plus récent. Le « bâton de barbier » avait disparu des rues depuis longtemps dans la plupart des pays européens, à l’exception de l’Italie. Mais depuis quelques années, à la faveur de l’explosion des échoppes de barbiers, il a fait son retour en reprenant le modèle répandu aux Etats-Unis. Un cylindre tricolore tournant sur lui-même, à l’intérieur ou à l’extérieur des boutiques, qu’on appelle aussi la « lanterne du barbier ».
Elle fait référence à des facettes disparues du métier, comme l’explique un barbier de Rennes au micro de TF1. « On était surtout chirurgiens »
, rappelle Nico, gérant de « Barbe-Noire le barbier », « on venait effectivement se faire recoudre, on venait se faire soigner les dents »
. Une fonction qui explique les trois couleurs. « Le rouge, c’est le sang, le bleu ce sont les veines, et le blanc c’est soit les blouses blanches, soit les bandelettes »
, estime-t-il.
Destinées à un public très majoritairement analphabète, ces enseignes devaient en effet symboliser efficacement la fonction d’une échoppe. Les historiens s’accordent sur l’origine probable de la forme en cylindre, qui était celui que devaient serrer les patients quand ils venaient subir de petites opérations chirurgicales, que pratiquait effectivement la corporation des barbiers au Moyen-âge. Le rouge est vraisemblablement dû aux bandelettes ensanglantées qui l’entouraient, les hypothèses sont plus floues concernant les deux autres couleurs, aujourd’hui le bleu et le rouge, qui ne sont pas les mêmes selon les lieux et les époques.
La couleur verte de la croix des pharmaciens, elle, ferait référence à l’herboristerie à la base de leur métier. La forme en croix est une survivances des ordres religieux hospitaliers qui l’arboraient. Le symbole tel qu’on le connaît émerge à partir de 1913, avec l’interdiction de l’usage d’une croix rouge, comme c’était le cas auparavant. « On avait peur de faire une confusion avec la Croix-rouge »
comme l’organisation éponyme, explique dans notre reportage Adrien Freuchet, pharmacien à Rennes, « C’est une obligation d’avoir une croix verte quand on est une pharmacie. On est obligé de l’avoir allumée aux heures d’ouverture et de l’éteindre quand c’est la fermeture »
. Une obligation pour rassurer et pour uniformiser l’enseigne sur le territoire français.

Les tabacs sont contraints, eux aussi, d’arborer leur emblème à l’extérieur de leur établissement, allumé ou non, depuis 1906. « La forme de la carotte fait référence à la forme dans laquelle était vendu le tabac historiquement »
, raconte face à notre caméra l’experte en marketing Florence Touzé, « c’est-à-dire que le tabac n’était pas haché, il n’était pas en cigarette. Il était vendu en feuilles roulées dans des petits rouleaux qui pouvaient ressembler à une forme de carotte »
. Les « carottes » de tabac étaient alors vendues au poids, et les consommateurs devaient en râper les extrémités pour fumer ou mâcher les fragments de feuilles.










