« Et si quelqu’un pense encore ici que l’Union européenne [UE], ou l’Europe dans son ensemble, peut se défendre sans les Etats-Unis, continuez de rêver. Vous ne le pouvez pas. Nous ne le pouvons pas, nous avons besoin les uns des autres », a martelé, lundi 26 janvier, le secrétaire général de l’OTAN (Organisation du traité de l’Atlantique Nord), Mark Rutte, devant le Parlement européen, à Bruxelles.
M. Rutte a expliqué que si les Européens voulaient vraiment bâtir une nouvelle alliance défensive, sans les Etats-Unis, alors cela leur coûterait non pas 5 % mais 10 % de leur produit intérieur brut (PIB), avec également la nécessité de se doter d’une capacité de dissuasion nucléaire en propre. « Cela coûte des milliards et des milliards d’euros. Et dans ce scénario, vous perdriez le garant ultime de notre liberté, à savoir le parapluie nucléaire américain. Donc, bonne chance ! », a-t-il lancé aux parlementaires européens, au cours d’une séance de questions-réponses.
Les trente-deux pays de l’OTAN se sont engagés à consacrer au moins 5 % de leur PIB d’ici à 2035 à leurs dépenses de sécurité, dont 3,5 % à des investissements strictement militaires. L’effort est déjà considérable pour nombre d’entre eux qui ont à peine atteint, fin 2025, les 2 % de leur PIB, conformément à un engagement pris dix ans auparavant.
« Les Européens peuvent et doivent prendre en charge leur sécurité »
Le président américain, Donald Trump, et son secrétaire à la défense, Pete Hegseth, ont prévenu à maintes reprises les alliés européens qu’ils devraient désormais compter davantage sur leurs propres forces pour assurer leur sécurité. Ceux-ci cherchent depuis à renforcer le pilier européen au sein de l’OTAN, en développant notamment leur propre industrie de défense.
« Non, cher Mark Rutte. Les Européens peuvent et doivent prendre en charge leur sécurité. Même les Etats-Unis en conviennent. C’est le pilier européen de l’OTAN », a ainsi répondu, sur X, le ministre des affaires étrangères français, Jean-Noël Barrot, à Mark Rutte, lundi soir, alors que la France est l’un des pays les plus favorables à cette « autonomie stratégique » en Europe. Mais d’autres capitales européennes, notamment celles qui sont proches géographiquement de la Russie, se montrent plus prudentes en raison, entre autres, de leur forte dépendance aux systèmes d’armement américains.
« Je sais que l’Amérique apprécie grandement tous ces efforts » a déclaré Mark Rutte, répétant lundi devant les eurodéputés avoir souligné auprès de Donald Trump le prix payé en Afghanistan par les alliés des Etats-Unis au sein de l’OTAN, après que le président américain a provoqué l’indignation en relativisant leur contribution. « Pour deux soldats américains qui ont payé le prix ultime, un soldat d’un [pays] allié ou d’un pays partenaire, n’est pas rentré chez lui », a-t-il dit.









