Avec la fin du ramadan, N’Djamena retrouve une partie de ses activités mises en sommeil. Le chef de l’Etat, Mahamat Idriss Déby, a fait son retour dans la capitale après un mois passé dans son fief d’Amdjarass, non loin de la frontière soudanaise. La guerre fait rage chez le voisin depuis bientôt deux ans et les craintes d’un débordement du conflit au Tchad se font plus pressantes.
« On entre dans une période décisive. Ici, on dit souvent que le pouvoir doit survivre au mois d’avril », commente un homme politique tchadien dans une référence aux présidents François Tombalbaye et Idriss Déby Itno. Le premier avait été tué lors d’un coup d’Etat le 13 avril 1975. Le second lors de combats avec un groupe rebelle le 20 avril 2021. La saison est stratégique pour les opérations militaires car elle précède les pluies attendues de juin à septembre qui rendent impossible toute offensive terrestre dans le pays.
Ces derniers mois, une menace venue de l’est s’est précisée. Le 24 mars, le commandant en chef adjoint de l’armée soudanaise, Yasser Al-Atta, a promis que son pays « se vengera » du président tchadien et averti que « les aéroports de N’Djamena et d’Amdjarass sont des cibles légitimes pour les forces armées soudanaises ». Les raisons de cette déclaration, deux ans après le début de la guerre civile au Soudan, sont à chercher dans l’accusation faite par l’armée du général Abdel Fattah Abdelrahman Al-Bourhane d’un soutien aux Forces de soutien rapide (FSR).
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