De Benyamin Nétanyahou à Donald Trump au régime des mollahs et des ayatollahs, les ennemis déclarés dans la tragédie qui s’abat sur la région ont plus d’un point commun : des comportements criminels, des ambitions impériales et une même exploitation affairiste de Dieu. Une même glaciale indifférence aux limites. Un même mépris des vies qui ne sont pas les leurs. Une même approche fusionnelle de la religion et de l’argent.
Israël n’est pas doté de Constitution, ne reconnaît pas de frontières à son territoire. L’extrême droite suprémaciste au pouvoir fait de la Bible son cadastre foncier. Gaza et la Cisjordanie, le Golan, le versant syrien du mont Hermon, le sud du Liban tombent, l’un après l’autre, dans l’escarcelle. Et lorsqu’on écoute le premier ministre Nétanyahou déclarer, lors d’un entretien sur la chaîne i24News, le 11 août 2025, qu’il est « attaché » à la vision d’un « Grand Israël », ou encore l’ambassadeur des Etats-Unis à Jérusalem, Mike Huckabee, dire placidement à l’animateur de télévision Tucker Carlson, le 20 février, qu’« Israël est une terre que Dieu a donné par l’intermédiaire d’Abraham à un peuple qu’il a choisi », et d’ajouter : « ce serait acceptable qu’ils prennent tout » – « tout », recouvrant, d’après le chapitre 15 de la Genèse, un territoire qui s’étend du Nil jusqu’à l’Euphrate –, n’est-il pas légitime de s’alarmer pour le moins de la suite des opérations ?
Par ailleurs, les Etats-Unis de Donald Trump font main basse sur le Venezuela, exigent le Groenland et maintenant Cuba, évoquent sans complexe le Canada. Entraînés par leur allié israélien, ils ont ouvert en Iran un front qui se répand à la vitesse grand V et menace le reste du monde.
Ne pas reculer
Les mollahs iraniens, eux, activent leurs pions au Yémen, en Irak, au Liban. Dans ce dernier, où je me trouve, le Hezbollah, qui est à leurs ordres, vient de remettre le feu, de rameuter la mort au nom d’un projet religieux transnational fatalement fondé sur l’exclusion. Contrairement à Israël en territoires occupés, cette force armée se trouve, certes, sur son territoire au Liban, mais elle prend sa population en otage. Le pays n’est pas son projet. Il est traité en soute à bagages d’où l’on déplace, entasse et vide mécaniquement des existences réduites à l’état de valises.
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