- Selon les données de Copernicus, le trou dans la couche d’ozone a atteint, cette année, un seuil significatif de manière précoce.
- En cause notamment : une augmentation rapide de sa superficie au début du mois de septembre.
- Mais ces données ne remettent pas en cause la possibilité que ce trou se résorbe d’ici au milieu du siècle.
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Il est un peu plus important, un peu plus tôt que d’habitude. À l’occasion de la Journée internationale des Nations unies pour la préservation de la couche d’ozone, l’observatoire européen Copernicus publie ses données sur la taille du trou dans la couche d’ozone cette année.
Situé au-dessus de l’Antarctique, il a « atteint un seuil de taille significatif un peu plus tôt que la moyenne »,
pointe le Service de surveillance de l’atmosphère de Copernicus (CAMS). Il est aussi « resté supérieur à la moyenne, contrairement à l’année précédente ».
Pas d’inquiétude pour autant alors que, selon les dernières évaluations, si les efforts se poursuivent, la couche d’ozone pourrait retrouver, d’ici au milieu du siècle, son niveau des années 1980. Le trou mesuré en 2025 était ainsi, selon les données de l’Organisation météorologique mondiale publiées elles aussi mercredi, « le quatrième ou cinquième plus petit jamais enregistré ».
« Le trou dans la couche d’ozone au-dessus de l’Antarctique en 2026 s’est développé à un rythme typique depuis la seconde moitié du mois d’août, conformément à la tendance observée au cours des 46 dernières années »,
a ainsi rassuré le CAMS. Il a toutefois connu une légère accélération sur la première quinzaine du mois : au 12 septembre, le trou atteignait une superficie d’environ 25 millions de km², soit cinq millions de km² de plus que la moyenne pour cette période.
Une accélération qui a coïncidé avec une baisse soudaine de la température minimale au début du mois à environ 20 km au-dessus du pôle Sud : l’appauvrissement de la couche d’ozone dans la stratosphère de l’hémisphère Sud se produit lorsque les températures froides permettent la formation de nuages stratosphériques polaires.
Une surveillance importante
« L’évolution du trou dans la couche d’ozone au-dessus de l’Antarctique peut varier considérablement d’une année à l’autre, en fonction d’une série de facteurs atmosphériques et chimiques. Bien que nous ayons constaté une augmentation rapide de sa superficie début septembre cette année, d’autres indicateurs restent proches des moyennes historiques »,
a souligné dans un communiqué Laurence Rouil, directrice du CAMS, rappelant « l’importance de surveiller l’interaction complexe entre les perturbations d’origine humaine et les facteurs naturels ».
La couche d’ozone protège la vie sur Terre contre les rayons ultraviolets (UV) nocifs, l’une des principales causes des cancers de la peau. Depuis près d’un demi-siècle, les émissions d’origine humaine ont entraîné un amincissement de cette couche protectrice, notamment via les gaz HCFC présents dans les appareils réfrigérants (nouvelle fenêtre), alors que le changement climatique tend à refroidir la stratosphère, ce qui favorise la formation de nuages stratosphériques polaires.
Son amincissement est particulièrement marqué au-dessus de l’Antarctique, où la zone de basse pression et d’air froid (vortex polaire) ainsi que les vents stratosphériques sont plus stables. Le trou dans la couche d’ozone s’y forme chaque année pendant le printemps austral.
Le phénomène fait l’objet d’un suivi depuis plus de cinquante ans et a atteint une superficie record de 29,6 millions de km² le 9 septembre 2006. Ces dernières années, toutefois, ont été marquées par des trous dans la couche d’ozone plus petits et de plus courte durée, ce qui indique un rétablissement de notre barrière protectrice. Une « success story environnementale »,
s’est félicitée dans un communiqué la secrétaire générale de l’OMM, Celeste Saulo, alors que l’organisation souligne l’efficacité du Protocole de Montréal qui a conduit à l’élimination progressive de produits chimiques responsables de son affaiblissement.