Le tribunal de commerce de Tourcoing (Nord) a validé vendredi 20 mars la reprise du verrier Arc par l’unique candidat, Timothée Durand, issu d’une famille de dirigeants emblématiques du groupe, dont le plan prévoit la suppression de 700 postes.
Cette décision permet d’engager, à partir du 1er avril, le changement de propriété du groupe Arc et la prise de fonctions de Timothée Durand – qui avait quitté l’entreprise familiale en 2024 – en tant que PDG, selon un communiqué de cette entreprise bicentenaire et emblématique du Pas-de-Calais.
Arc a été placé le 7 janvier en redressement judiciaire en raison d’une « dégradation sévère et continue » de son environnement de marché, faisant redouter des centaines de suppressions d’emploi. Après avoir beaucoup investi pour mondialiser sa production et sa distribution, le groupe, qui dispose de trois autres usines aux Etats-Unis, en Chine et aux Emirats arabes unis, a enchaîné les difficultés depuis une vingtaine d’années.
M. Durand s’est dit dans un communiqué « très heureux et fier de reprendre cette entreprise familiale » et a souligné que sa priorité était « désormais de faire vivre cet héritage » en axant l’entreprise sur « l’excellence et l’innovation ».
Retour douloureux
La verrerie artisanale que son arrière-grand-père avait rachetée en 1916 est devenue un des principaux fabricants au monde de produits en verre pour les arts de la table.
Avec la décision du tribunal de commerce, Arc, rebaptisé Verrerie Arc 1825, redevient un groupe familial : Timothée Durand, 49 ans, en est désormais actionnaire à 100 %, Matthieu Leclercq, fils du fondateur de Decathlon et membre de la famille Mulliez, apportant les 50 millions d’euros nécessaires à sa transformation, sous forme d’obligations.
Mais pour les salariés de l’usine, le retour de Timothée Durand s’annonce douloureux, le plan de reprise impliquant la suppression de 700 postes sur les quelque 3 500 salariés que compte l’entreprise.
La famille Durand est « lourdement responsable » de la « déconfiture » du groupe depuis les années 2000, faute d’avoir osé prendre à temps les décisions difficiles qui s’imposaient, tacle l’entrepreneur Patrick Puy, qui a vainement tenté en début d’année de monter une offre de rachat concurrente.
Le groupe a réalisé en 2024 un chiffre d’affaires de 688 millions d’euros au niveau mondial, dont un peu plus de 400 millions d’euros pour Arc France, société accusant des pertes chroniques depuis des années et très endettée. La perte nette d’Arc France s’élevait à plus de 32 millions d’euros en 2024, d’après des documents financiers disponibles en ligne.









